Grèce Préhellénique

Aux origines de la Grèce

La Grèce Préhéllénique se situe dans la période du Néolitique, là où l'homme domestique le feu et commence sa sédentarisation en adoptant des méthodes de culture céréalières, de plantes et commence à tisser les fibres et fabriquer les premiers vêtements.

-6800 avant J.C. : La plus ancienne civilisation organisée en Grèce, trouve sa place en Théssalie, où on a retrouvé les traces d'une civilisation inconnue quant à l'origine des peuples qui ont occupé cette région. Les historiens ne connaissent pas l'origine ni la famille linguistique de cette population, mais ils disposent d'objets travaillés trouvés dans la région, notamment de belles statuettes épurées, qui inspirent encore aujourd'hui la réalisation d'artistes contemporains.

Civilisation Cycladique

-3200 avant J.C. : la Civilisation Cycladique, laisse les plus anciennes traces d'une communauté organisée en Grèce. Après avoir rapproché les divers découvertes effectuées sur les nombreuses îles de l'archipel, l'archéologue grec Christos Tsountas a suggéré que les Cyclades auraient été habités et une civilisation se serait développée, il y a plus de 5000 ans, entre -3200 et -2000 avant J.C.

Cette civilisation se développe sur un archipel, au beau milieu de la mer Égée, les habitants développent une culture originale, dite hélladique, dont de magnifiques témoignages de leur art, sont arrivé jusqu'à nous.

Les statuettes votives (dévotion) étaient destinées à une divinité pour la sensibiliser à réaliser des vœux. Ces figurines représentent des têtes ou des corps hiératiques (sacré), dans un style épuré très moderne. Elles sont taillées dans le marbre d'excellente qualité disponible en abondance sur l'île de Paros. Leur taille varie de quelques centimètres à un mètre cinquante.

Les siècles ont effacé leurs couleurs pour nous apparaître, aujourd'hui, dans la blancheur du marbre, à l'origine, elles étaient peintes de tons crus, tout comme les statues grecques des siècles qui suivirent. Des traces de colonies ont été retrouvées aussi bien en Attique qu'en Crète ou dans le Péloponnèse.

Civilisation Minoenne

-2700 avant J.C. : Historiquement située en Crète, la civilisation Minoenne se développe jusqu'à sa domination par le peuple Mycénien à partir de -1450 avant J.C. qui adoptent l'art et la culture, comme le feront plus tard les Romains avec la culture grecque. Pour des raisons historiques encore mystérieuses, les 2 grandes civilisations disparaissent vers -1200 avant J.C. (-1200, époque de Ramses II et de Moise, -1250).

Les Minoens ne semble pas avoir été un peuple conquérant, mais avait plutôt développé les échanges commerciaux avec une grande domination navale. La population reste d'origine inconnue, mais issue des peuples appelés pélasges, les premiers habitants de la Grèce sans doute les mêmes qui peuplaient la Thessalie 6000 ans avant J.C.

Cette civilisation porte un nom dérivé du mythique et légendaire Roi Minos, dont les travaux de l'archéologue anglais Arthur John Evans, au début du 20ème siècle, nous ont apporté plus de lumière sur l'histoire, le fonctionnement et le développement de leur culture. Lors des fouilles, plusieurs grandes cités minoennes ont été mises à jour, la plus célèbre étant Knossos.

Deux grandes périodes ont été définies, la première de -2700 à 1700 avant J.C. dite période Paléopalatiale (ancien palais), où sont érigés les palais de Knossos, Malia, Phaistos, Zakros, etc... La seconde de 1700 à 1200 avant J.C. dite néopalatiale (nouveau palais) les anciens palais sont détruits, pour faire place à des nouveau à l'architecture et décors plus riches, jusqu'à la disparition de la culture Minoenne vers -1200 avant J.C.

Le premier modèle d'écriture Minoenne retrouvé sur les chantiers de fouille reste bien le célèbre et mystérieux disque de 16,5cm trouvé sur le site de Phaistos en 1908 par l'archéologue Italien Luigi Pernier . C'est l'écriture la plus ancienne utilisée en Crète, est à base d'idéogrammes un peu comme les hiéroglyphes, sur le 2 faces du disque, 241 caractères d'idéogramme y sont gravé, 45 glyphes différents au total, gardent le secret de leur message. 

Aujourd'hui le mathématicien d'origine crétoise, Antonis B.Svoronos rassemble sur un site, toutes les hypothèses concernant ce mystérieux disque et parmi elles, la possibilité que le disque serait  une prière destinée à une déesse mère antique crétoise. Une autre possibilité, que cela soit une question destinée à un oracle et la tradition voulait que la question soit détruite lors de la cérémonie divinatoire, ce qui répondrait au fait qu'aucun autre objet similaire n'a été retrouvé et la méthode de fabrication par empreinte ait été utilisé. 

Lors des fouilles, depuis 1900, de nombreuses autres tablettes d'argile gravées ont été retrouvées sur différents sites, mais se rapportent à une langue inconnue de la mer Égée, n'ont toujours pas été déchiffrée à nos jours, une écriture syllabique appelée "Linéaire A".

Un autre modèle d'écriture a été également retrouvé durant les excavations, appelée "Linéaire B", elle fait son apparition vers -1500 avant J.C. et correspond avec l'arrivée des Mycéniens en Crète. Elle n'a été déchiffrée qu'en 1952, correspondant à une variante du grec ancien.

Les Minoens vénéraient des divinités féminines dont il nous reste de très jolies représentations sous la forme de déesses aux serpents et aux seins nus. Ils accordaient une place particulière au taureau dans leur culture (d'où la légende du Minotaure). Il semble aussi qu'ils respectaient beaucoup plus la parité homme-femme dans leur culture, que pouvaient le faire les Grecs ou les Romains par la suite et aussi nos civilisations modernes qui commencent seulement à y apporter une attention nouvelle.

Civilisation Mycénienne

-1550 avant J.C. : Le développement de la Civilisation Mycénienne est caractérisée par la construction de citadelles et villes fortifiées sur des hauteurs. Les murailles sont de très grande taille avec des blocs pesant parfois des centaines de tonnes, que nous les avons appelé "murailles cyclopéennes", comme si ces géants mythologiques avaient aidé ce peuple dans leurs constructions. 

Les fouilles ont été menées à la fin du 19ème siècle par l'archéologue allemand Heinrich Schliemann sur les sites de Mycènes et de Tirynthe, il a falu attendre le début du 20ème la fin des travaux d'Arthur Evans pour que le monde Mycénien soit reconnu comme une civilisation à part entière. N'ayant aucun écrit sur la dénomination que ce peuple avait, il a pris celui de la ville emblématique de Mycènes.

Les fortifications réalisées par cette civilisation ont donné aussi le nom de "murailles cyclopéennes" suite à l'allusion homérique des constructions gigantesques (ou encore appelé "Pélasgique" du nom du peuple qui occupait le territoire dans la grande antiquité), à toutes les murailles construites sur ce même modèle, comme les constructions des Incas ou Maya, qui ont de très grandes similitudes.

Aucun écrit nous permet de connaître la technique utilisée pour transporter ou pour fabriquer ces blocs immenses, mais un français, Louis-Charles-François Petit-Radel c'est intéressé à ce type de monument et a constaté 4 modes distinct de construction Cyclopéenne ou pélasgique utilisées à cette époque.

1) Des blocs de pierre polygonaux enchâssés les un dans les autres sans aucun liant (chaux, ciment), ce modèle a une analogie parfaite avec les constructions retrouvées en Amérique Latine, Mexique et ailleurs...

2) Des grands blocs rectangulaires placés les uns au dessus des autres avec par endroit des joints sur 3 à 4 assises alignées verticalement.

3) Principalement dans le voisinages des portes où le travail était plus soigné, on trouve un autre modèle avec des blocs placés les uns sur les autres de taille plus régulière et plus fine, dont les assises sont plein sur joint comme dans nos constructions d'aujourd'hui.

4) Le dernier modèle consiste à un alignement de blocs avec une assise horizontale, mais dont les joints sont taillés à l'oblique, utilisé comme un modèle dans les constructions de l'époque d'Alexandre le Grand.

La construction de fortification, induit que les Mycéniens étaient un peuple guerrier, chose que confirment les écrits parvenus jusqu'à nous, comme la guerre de Troie en Asie Mineure, et les tablettes retrouvées à Knossos en Crète. La civilisation mycénienne était constitué d'une multitude de royaumes fédérés entre-eux, les principales villes étaient reliées entre-elles par des voies surveillées et gardées.

Mycènes est réputé pour avoir était la ville du terrible roi Agamemnon, les autres citées réputées du monde mycénien, selon Homère, était Tirynthe, Argos, Pylos, Athènes, Iolkos, Knossos, Orchomène, mais on pourrait aussi y ajouter des endroits comme Sparte ou Ithaque... Les mycéniens devinrent aussi la plus grande puissance maritime de leur époque, en envahissant la Crète, Rhodes et de nombreux endroits de la Méditerranée Orientale et d'Asie Mineure. Les échanges commerciaux trouvent des traces jusque très haut dans le Nord de l'Europe, en Angleterre et dans les territoires des Vikings, ainsi que dans les Balkans.  

La disparition de la civilisation Mycénienne fût aussi très rapide et sans que l'on sache vraiment les raisons, tout comme les Minoens en Crète. Les historiens tablent sur la période à partir de -1250 avant J.C. le début du déclin avec un premier choc, époque à laquelle les grands palais du Sud de la Grèce furent brûlés, puis les palais ont été détruits un à un jusqu'en -1200 avant J.C.

La Grèce entre dans une période historique appelé "les siècles obscures" où très peu d'indices qu'une autre civilisation ait pris le dessus, ou qu'une invasion sur les terres de Grèce ait eu lieu. La civilisation mycénienne sur le déclin, a perduré sans jamais se relever, loin de sa grandeur passée, pour disparaître totalement vers -1100 avant J.C. 

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