GRECE VACANCES séjours, culture & traditions
GRECE VACANCES

CINÉMA GREC

Le cinéma  en Grèce

Metteur en scène, Producteurs, Acteurs

  • JULES DASSIN

    Jules Dassin

    Un Cinéma d’un Grec différent

    Jules Dassin s’inscrit parmi les personnages remarquables de l’art du cinéma du 20e siècle, un véritable cosmopolite à trois patries (Etats-Unis, France, Grèce) dont les liens avec la Grèce furent très étroits et profonds pendant des décennies. 
    Né à Connecticut en 1911, fils d’une famille juive, il est attiré depuis sa jeunesse par le grand écran. Dès les années 1930, il devient partisan actif de la gauche et adhère au Parti Communiste.
    C’est pourquoi, après ses débuts cinématographiques à Hollywood dans les années 40, il est placé sur la célèbre "liste noire" des personnalités communistes. Il trouve refuge d’abord à Londres, puis en France, avant de s’installer en Grèce dans les années 1960, suite à son mariage avec la fameuse actrice grecque Melina Mercouri.
     
    Il débute comme metteur en scène au théâtre, passe au cinéma par le biais de court-métrages et apparaît aussi souvent comme acteur dans ses propres films. A Hollywood, il travaille d’abord en commande pour Metro Goldwyn Mayer (MGM) et ensuite il devient très actif au sein de l'Actor's Lab, compagnie de théâtre expérimentale.
    Dans les années 1940, il devient l’assistant d’Alfred Hitckok, dont l’influence sur la technique et la direction d’acteur est parfois évidente.
    Ses films indépendantsLes Démons de la Liberté et La Cité sans voile révèlent un savoir-faire exceptionnel. Lors de la "chasse aux sorcières", il est exilé à Londres en 1949 où il tourne Les Forbans de la Nuit, un filmunique et remarquable, fantasmagorique et tragique, dont la distribution aux Etats-Unis fut interdite. 
    Le film pour lequel Dassin sera apprécié comme un maître du « film noir », c’est le thriller Du Rififi chez les hommes, tourné en France en 1954. Il sera honoré du grand prix de la réalisation au festival de Cannes en 1955, où le réalisateur fait la connaissance de Melina Mercouri, la femme qui allait lui changer la vie en l’introduisant aux charmes de la culture et de l’esprit grec.
    Il vient en Grèce en 1957 pour réaliser en Crète le film Celui qui doit mourir, basé sur le chef d’œuvre de Nikos Kazantzakis Le Christ recrucifié
    Mercouri est la muse de son plus grand succès commercial, le film Jamais le dimanche, où Dassin interprète le rôle d’un philhellène Américain qui tombe amoureux d’une prostituée au Pirée et tente de l’apporter au droit chemin.
    Mercouri gagne le prix de la Meilleure Interprétation féminine, au festival de Cannes en 1960 tandis que la musique sublime de Manos Hatzidakis pour le film, y compris la chanson Les enfants du Pirée, est honorée du prix de l’Académie Cinématographique Américaine (Oscar) pour la meilleure musique de film en 1961. 
    Par la suite, vient Phaedra en 1962, où Melina Mercouri joue le rôle principal à côté d’Anthony Perkins dans une transposition du mythe grec ancien homonyme dans la Grèce contemporaine, d’après un scenario de Marguerite Limperaki.
    Deux ans plus tard, le film Topkapi, un thriller sur le vol d’un diamant, tourné à Istanbul, sera enregistré comme un des œuvres de Dassin les plus remarquables et les plus réussies. 
    Lors du coup d’état en Grèce, en 1967, Dassin et Mercouri se trouvent à New-York ou ils montent à Broadway la pièce Ilya darling, une adaptation de Jamais le dimanche. Là, ils trouvent l’occasion de lancer une campagne d’information et de résistance contre la dictature des colonels.
    Jusqu'à la reconstitution de la démocratie, le couple reste exilé à Paris. De retour en Grèce, Dassin réalise, toujours avec Mélina, des œuvres inspirées du patrimoine intellectuel grec classique aussi bien que de l’histoire récente de la Grèce. The Rehearsal (1974) illustre la révolte des étudiants à Athènes en 1973 contre le régime militaire.
    Le Cri des femmes (1978) est inspiré de la tragédie Médée. Aux années 1980, Mercouri poursuit une carrière politique comme Ministre de la Culture et Dassin rentre à la mise en scène au théâtre, en présentant des performances toujours de haute qualité artistique, telles que L'Opéra de quat’ sousMort d'un commis voyageur et tant d’autres. 
    Après la mort de sa femme en 1994, Dassin s’engage à la poursuite de la vision de Mercouri, du retour en Grèce des marbres du Parthénon, exposés au Musée Britannique de Londres. Il meurt en 2008 par les suites d’une grippe, à l’âge de 96 ans.
    L’état grec lui avait accordé la nationalité grecque à titre honorifique déjà depuis 1988, en reconnaissance de sa contribution et de son amour pour la Grèce.

  • COSTA GAVRAS

    Costa-Gavras


    Costa-Gavras, né en 1933 en Arcadie dans le Péloponnèse, est un réalisateur et producteur du cinéma français. Gavras quitte la Grèce après le lycée pour s’installer à Paris et en 1968, il obtient la nationalité française.
    En France, il fait des études en lettres, puis, il intègre l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques. Il travaille, ensuite, en tant que critique de cinéma et auprès de Jean Giono, d’Henri Verneuil, de Jacques Demi et de René Clément, il découvre les plateaux de cinéma. 
    En 1958, Gavras dirige "Les ratés " un court-métrage et plus tard, en 1965, il débute sa carrière dans les longs-métrages avec "Compartiment tueurs ". En 1969, il triomphe avec "Z ", film qui lui donne la réputation d’un grand cinéaste engagé. 
    Gavras découvre "Z ", le livre de Vassilis Vassilikos (voir GrèceHebdo no159), après un séjour en Grèce. Le livre, et par la suite le film, esquisse l’histoire de l’assassinat de Grigoris Lambrakis, député de gauche.
    Avec Jorge Semprun, Gavras écrit le scénario et le film est tourné par la maison de production de Jacques Perrin. Le film, considéré par les critiques comme le premier grand film politique français, a connu un succès à travers le monde et reçu plusieurs récompenses par l’Académie du Cinéma, les Oscars, le Festival de Cannes etc.
     
    A propos du film, Gavras déclare que " l’assassinat de Lambrakis a été suivi par les Grecs comme une énigme policière, avec ses expertises, ses démentis, ses rebondissements spectaculaires. C’est ainsi que Semprun et moi avons conçu le scénario.
    Afin d’universaliser notre cri de colère, de démonter le mécanisme de la répression politique, d’où qu’elle vienne et de le rendre accessible au plus vaste public".
    Jacques Perrin, suite à la fin du tournage, arrive en Grèce, ‘’formant un faux couple de touristes avec Michèle Ray, l’épouse de Costa-Gavras’’, dans le but de rencontrer le compositeur Mikis Theodorakis. La police ne les quittant pas des yeux, ils ont pu faire savoir à Theodorakis ce qu’ils désiraient via des intermédiaires.
    A son tour, Theodorakis leur a fait ‘’parvenir des bandes magnétiques où il chante lui-même les thèmes proposés". A Paris, c’est Bernard Gérard qui reconstituera tous les thèmes. 
    Au début des années 70, vient "L’Aveu " d'après le récit autobiographique d'Arthur London, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie. A l’époque, on lui reproche d'attaquer la droite puis la gauche, alors qu'il ne voulait que dénoncer les totalitarismes. Plus tard, "Etat de siège " prend pour cible la main-mise politique des États-Unis sur certains Etats d'Amérique latine. Reste à la mémoire des spectateurs l’interprétation remarquable d’Yves Montand. 
    Εn 1982, Gavras tourne "Missing ", un autre film de dénonciation. C'est en effet un producteur hollywoodien qui lui propose de réaliser ce film  sur la responsabilité des services secrets américains dans la chute, au Chili, du gouvernement d'Alliance Populaire du Président Allende. "Missing ", qui est très bien accueilli par le public, a reçu la Palme d'Or à Cannes en 1982 et un Oscar pour la meilleure adaptation. 
    En 2001, dans Amen, un de ses films les plus controversés, Gavras y dénonce le silence du Vatican sur l'extermination des juifs. Par la suite, avec Le Couperet (2005) Gavras s’attaque à l’horreur économique et avec Eden à l’Ouest (2009), il se livre à une narration du sort des exilés.
    Son dernier film, Le Capital  ne fait pas exception à la règle, Gavras, donc la carrière est marquée par des films dont les sujets sont brûlants s'attaque cette fois au monde de la finance sur fond de crise économique internationale. 
    Costa-Gavras est nommé Président de la Cinémathèque en 1980 puis, de nouveau, en 2007. Il a été, récemment, nommé docteur honoris causa à l'Université Aristote de Thessalonique. 
    Le ton du style cinématographique de Gavras nous est dévoilé dès les débuts du Z"Toute ressemblance avec des événements réels, des personnes mortes ou vivantes n'est pas le fait du hasard. Elle est VOLONTAIRE". De cette façon, Gavras affirme que son cinéma sera une arme qui dénonce.
    Il a, depuis, continué à faire ce qu’il avait envie de faire comme il avait envie de faire, fort de la conviction qu’“un film ne livre pas de message, mais pose des questions”, qu’il “ne dit à personne pour qui voter, mais renseigne le spectateur sur ses relations avec les autres et avec la société”.

  • JOHN CASSAVETES

    John Cassavetes

    Caractérisé comme le pionnier du cinéma américain indépendant, John Cassavetes (1929-1989), fils d’immigrés grecs, a commencé sa carrière dans les années 1950 en tant qu’acteur du cinéma et de la télévision dans des productions bien accueillies.
    Esprit vif, Cassavetes, crée en 1956 un atelier de théâtre où règne la méthode de l’improvisation et deux années plus tard il commence à réaliser son premier film quasi documentaire Shadows.
    Le film, considéré comme l'écho de la Nouvelle Vague - qui naît à cette époque en France - est un exercice libre de la part du réalisateur et de ses acteurs. Le film, tourné avec une camera à l’épaule et peu de moyens, raconte l’histoire d’un petit groupe de jeunes noirs et métis confrontés à la discrimination raciale.
    Le film ayant comme fond la ville de New York et la musique du jazzman Charles Mingus, est mieux accueilli en Europe, gagnant le prix de la critique au Festival de Venise avant d’être diffusé aux États Unis.
    C’est avec ce film, plein de liberté et d’intensité, qu’apparait une nouvelle vague new-yorkaise au cinéma américain en s’appropriant les caractéristiques du “cinéma-vérité”.
    Cassavetes, dans les années suivantes, s’efforce de concilier la vision artistique avec la carrière à Hollywood et tant qu’acteur et réalisateur. Sans éviter les rapports difficiles et les conflits, il réalise des films pour de grands studios du cinéma américain, tels que Too Late Blues, traduit en français par La Ballade des sans-espoirs (1961) et Un enfant attend (A Child Is Waiting) (1963), le premier film dans lequel apparaît son épouse, l’actrice Gena Rowlands, aux côtés de Judy Garland et Burt Lancaster.
    La relation tourmentée de Cassavetes avec les grands studios de production comprend aussi sa participation en tant qu’acteur dans un nombre de films tels que Rosemary's Baby, de Roman Polanski, les Douze Salopards de Robert Aldrich etc. 
    Grâce à l’argent qu’il gagne par sa collaboration avec Hollywood, il tourne son deuxième filmFaces en 1968. Écrit d’abord pour le théâtre, Faces, suit la dérive d'un couple d'âge mûr en panne, dans leur aventure extraconjugale. Avec son propre style, Cassavetes libère le jeu d'acteur qu'il place au centre de son dispositif cinématographique et focalise son œuvre sur la classe moyenne américaine.
    Le film est sélectionné à la Mostra de Venise dans la catégorie “meilleur film” et “meilleure interprétation masculine”, en revendiquant trois Oscars.
    Entouré d’acteurs fidèles à son cinéma (Peter Falk, Ben Gazzara, Seymour Cassel) Cassavetes a aussi réalisé les films Husbands, Minnie et Moskowitz, Opening Night, Torrents d'amour, Meurtre d'un bookmaker chinois, Gloria et Big trouble sans céder aux facilités d’un cinéma idéologique ou sociologique. Les films de Cassavetes parlent des sentiments et des faiblesses de ses protagonistes filmés sans cesse par le réalisateur, souvent jusqu’ à ce que la pellicule arrive à son terme.
    John Cassavetes a laissé son empreinte dans l'histoire du cinéma américain influençant également le cinéma européen. Woody Allen, Pedro Almodóvar entre autres, font l’éloge du metteur en scène gréco-américain tout en s’appropriant un certain nombre d’éléments de son œuvre cinématographique.

  • CONSTANTIN GIANNARIS

    Constantin Giannaris



    Constantin Giannaris, né en 1959, en Australie, où ses parents grecs avaient immigré, réalise des films qui combinent la noirceur avec la tendresse et la vivacité. Il a grandit à Athènes et a fait des études d’économie, d’histoire et de philosophie en Angleterre, où il a commencé sa carrière, dans les années 1980, en tournant des courts métrages.

    Ces premières œuvres ont reçu par la suite des prix importants dans divers festivals internationaux tels que Berlinale, Festival de film de Chicago, Festival de Drama etc.
    Dans les années 1990, Giannaris rentre en Grèce et réalise son premier long métrage Trois pas vers le paradis (1995), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Mais le film qui a rendu Giannaris célèbre au public grec, c’est le film Du bout de la ville (1998) - connu également en français sous le titre Garçons d’Athènes – racontant l’histoire des Pontiques, des immigrés d’origine grecque venus des pays de l’Ex-URSS qui ont été mal accueillis par la société et traités comme des citoyens de deuxième classe.

    Le film a reçu le premier prix de mise en scène au festival de Thessalonique ainsi que le prix des critiques pour son regard vif et pénétrant.
    En 2001, il réalise le film Un Jour d’Août qui raconte l’histoire d’un jeune voleur qui découvre les secrets des personnes qu’il cambriole. L’histoire se passe le quinze août, le jour où de nombreux Grecs font un pèlerinage à la Vierge-Marie, en attendant un petit miracle. Giannaris, à travers un récit parallèle, pénètre dans les pensées secrètes des protagonistes et nous révèle les petits et grands miracles survenus dans leur vie.

    Le film a remporté le prix des critiques au festival de Thessalonique, le prix de scenario au festival Troia et a participé en compétition officielle au festival de Berlin.
    Son film suivant, l’Otage (2005) est inspiré d’une attaque d’un bus dans le nord de la Grèce par un jeune émigré albanais qui a gardé des passagers en otage, avec une fin tragique. Dans ce film Giannaris joue vraiment avec le feu dans son effort d’associer la fiction et la réalité en imaginant tout ce qui est arrivé dans le bus. Le film a également remporté des prix en Grèce et à l’étranger.

    Son dernier film, Homme à la mer (2011), raconte l’histoire d’un capitaine de navire grec qui recueille des enfants iraniens, réfugiés, errants en mer sur un petit bateau.

    Bien que Giannaris raconte dans ses films la vie et les problèmes des immigrants, il ne souhaite pas être caractérisé comme le metteur en scène marginal de l’immigration. Il décrit tout simplement les changements de la société grecque n’étant plus considérée comme le paradis de la petite bourgeoisie se trouvant devant une nouvelle réalité plus dure et violente.

    Le réalisateur se dit influencé par la vision politique du genre du documentaire ainsi que l’esthétisme. Il est également préoccupé par la situation actuelle politique et économique difficile faisant des projets pour son prochain film.

  • ELIA KAZAN

    Elia KAZAN


    Derrière les premiers pas artistiques d’un Marlon Brando ou d’un James Dean mais aussi derrière le fondement du fameux Actor’s Studio à New York en 1947 se trouve Elia Kazan l’un des meilleurs metteurs en scène américains du XXème siècle.
    Mais son vrai nom Ilias Kazantzoglou témoigne d’un passé grec qui remonte aux dernières années de l’Empire Ottoman. Ilias est né à Konstantinople en 1909. Arrivé à l'âge de quatre ans aux Etats-Unis, Kazan fait ses études à New York, où son père est venu monter une affaire de vente de tapis. Ilias ne se dissocie jamais de son passé. Preuve en est son film America/America tourné en 1963.

    Au début du film, la voix off d'Elia Kazan informe les spectateurs que l'histoire du film est celle de sa famille : "Mon nom est Élie Kazan, je suis Turc par la naissance, Grec par les origines, et Américain parce que mon oncle a fait un voyage".

    Ici, Stavros un grec cappadocien qui vit en Anatolie à la fin du XIXième siècle entame le long et dangereux périple jusqu’à Constantinople dans l’espoir d’embarquer sur un bateau à destination de New York. Chronique de l’aventure de la migration, le film est célèbre tant pour l’ intérprétation de Stathis Gialelis que pour la musique raffinée du grand compositeur grec Manos Hatzidakis.
    Pour le reste et sans méconnaitre son œuvre théâtrale en tant que metteur en scène où il s’ attache aux antipodes du style brechtien à la méthode Stanislavski, Kazan avec son œuvre cinématographique embrasse l'histoire de la société moderne, du racisme à la guerre du Viêt Nam, en passant par l'immigration et la crise de 1929.
    En 1945, il signe son premier long métrage, Le Lys de Brooklyn, dès cette première œuvre, il montre un talent de direction d'acteurs, fruit de ses expériences théâtrales, et un intérêt pour les sujets d'inspiration sociale.
    Deux ans plus tard, il tourneBoomerang, l'histoire d'une erreur judiciaire et Le mur invisible qui traite de l'antisémitisme, ce film remporte de nombreux Oscars. Elia Kazan s'affirme avec Panique dans la rue (1950), film noir où des gangsters propagent la peste dans une ville de La Nouvelle-Orléans, l'année suivante, il délaisse les problèmes sociaux et adapte à l'écran une pièce de Tennessee Williams qu'il avait mise en scène au théâtre en 1947, Un tramway nommé Désir, et il confie à Marlon Brando le rôle qu'il a joué sur scène.
    Page noire dans sa biographie, son rôle à l’époque du maccarthysme lorsqu’ il avoue son ancienne appartenance au Parti Communiste et dénonce certains de ses amis dont Arthur Muller et Jules Dassin.
    Il tente de se justifier dans ses films suivants, l'écrivain John Steinbeck écrit le scénario de Viva Zapata ! (1952), réflexion sur le pouvoir corrupteur. Avec A l'est d'Eden(1954), Kazan revisite le thème d'Abel et Caïn à travers le parcours d'un jeune rebelle. Un homme dans la foule (1957) dresse un état des lieux du monde du spectacle et de la politique.
    Il meurt en 2003 ayant reçu un grand nombre de prix et de distinctions de toute sorte.

  • GIORGOS LANTHIMOS

    Yiorgos Lanthimos


    Giorgos Lanthimos, réalisateur grec prometteur appartenant à la nouvelle génération, est né à Athènes en 1973. Après des études à l’école de cinéma de Stavrakos à Athènes, il a réalisé au cours des années ‘90, des pièces théâtrales sans pour autant méconnaitre le domaine des publicités et des vidéos faits pour des compagnies grecques de danse et de théâtre. 
    Son premier film Kinetta (2005) se déroule dans un hôtel grec à Kinetta (ville balnéaire près de la capitale), et mêle les rapports difficiles entre une femme de chambre, un policier, et un photographe. D’après le metteur en scène, le film se focalise sur les côtés psychologiques des caractères et aux particularités de leur comportement. 
    Mais c’est Canine (2009) qui est à l’origine de la réputation du jeune metteur en scène. Ce film controversé, a remporté, entre autres, le ‘’Prix Un Certain Regard’’ au Festival de Cannes.
    Film nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2012, Caninemet en scène l’histoire d’un couple qui, pendant des années, garde ses enfants à l’écart du monde, isolés et n'ayant aucun contact avec le monde extérieur. 
    Selon des critiques, Lanthimos filme l’histoire, calmement, presque somptueusement, satirisant avec un humour à froid les valeurs patriarcales d'une société que la jeunesse de son pays, par une curieuse coïncidence, aura entrepris au même moment de manifester dans la rue.
    Selon Libération, ‘’Lanthimos possède cette qualité indiscutable d’amener du sang neuf dans le cinéma grec. Sarcastique, déstabilisant, avec un côté glaçant, il livre une chronique martiale de son pays’’.


    Par la suite, Lanthimos a réalisé Alps (2011), qui doit son titre à une sorte de confrérie éponyme, à laquelle appartiennent quatre personnages. Le personnel de cette confrérie, embauchée par des personnes en deuil, remplace les personnes mortes pour offrir de la consolation à leurs familles.
    En 2011, Alps a gagné le Prix Osella pour le meilleur scénario, au Festival de Vénice. Ceci offre une plongée insolite voir illimitée au cœur de la mort. Dans un entretien accordé au journal belge Le Soir, Lanthimos précise que son film se situe aux antipodes de Canine., on est ici face à une jeune femme qui cherche à faire intrusion dans une famille au moment ou à Canine, on cherchait à en sortir à tout prix. "Alps" fonctionne comme une belle métaphore sur le métier d’acteur mais aussi sur une société contemporaine aux rapports humains de plus en plus numériques, une société où, au lieu de vivre sa vie, on la joue de façon artificielle... 
    Son nouveau film s’appelle L’homard. Il s’agit d’une ville où les couples entrent en relation, à condition qu'ils aient au moins une caractéristique en commun, sinon, ils se transforment en un animal de leur choix. 
    Le style de Lanthimos tient à un cocktail. Comme lui-même a déclaré ‘’J’aime mélanger comédie, drame, violence. Les choses profondes et les choses humoristiques. C’est ce qui crée sans doute le ton de mes films. Parfois, nous avions des choses drôles sur papier et qui, une fois tournées, prenaient un caractère sérieux. Ou l’inverse.’’

  • OLGA MALEA

    Olga Maléa



    Olga Maléa est une réalisatrice et scénariste grecque, ayant fait des études de droit et de psychologie. 
    A partir de 1985 et jusqu' à 1995, elle a réalisé plusieurs documentaires pour la télévision grecque et italienne et des vidéos à caractère éducatif.
    Elle avait réalisé sa première vidéo court métrage, avec ses camarades de classe à l'Université de Yale, lorsqu’elle y préparait son doctorat. 
    Ses films les plus célèbres sont L’ orgasme de la vache (1997), Le charme discret des hommes (1999), Risotto (2000), Beignets au miel (2005) et  Premier Fois Parrain/Les premiers baptêmes (2007), inspiré du livre de Nikos Papandreou - fils d'Andreas Papandreou – “Dix mythes et un étage”.

    Tous les films de Maléa ont connu un certain succès commercial en Grèce, en enregistrant plus de 250.000 entrées. 
    Son dernier film, Les échecsqui n’est pas encore accompli, est centré sur l’histoire d’un chantage émotionnel au sein d’une famille grecque. 
    Olga Maléa est présentée à plusieurs reprises par le magazine américain "Variety" comme une réalisatrice européenne prometteuse. Elle est mariée et a deux fils.

  • TASSOS BOULMETIS

    Tassos Boulmetis

    Tassos Boulmetis est né à Istanbul en 1957 et s’installe en Grèce en 1964. Il fait des études de physique à Athènes et de cinéma et télévision à Los Angeles (UCLA), où il enseigne pendant quelques années.

    Dès son retour en Grèce, il s’adonne à la réalisation et la production de séries télévisées. Son premier film, L’usine à rêve, apparaît en 1990 et remporte des prix en Grèce et au Festival international du film de Houston.

    En 2003, le grand succès arrive avec son deuxième film, Un Ciel Epicé (vidéo), qui détient le record du box office grec.

    Le film raconte les souvenirs infantiles d’un astrophysicien issu d’une famille grecque d’Istanbul (la vie dans la ville turque, la famille, l’amour d’enfance) qui sont ravivés lors de son voyage de retour à la ville.

    Il s’agit d’un film très nostalgique qui a été adoré par le public grec. Un Ciel Epicé a remporté plusieurs prix attribués par l’Etat grec et a été également primé au festival international du film de Thessalonique.
    Depuis 1988, Boulmetis s’intéresse également à la réalisation de films publicitaires et est spécialisé en effets spéciaux et dans la création d'images 3D.

  • PANOS KOUTRAS

    Panos Koutras



    Panos Koutras est un des plus jeunes réalisateurs grecs prometteurs. 
    Après des études de cinéma à Londres (London International Film School) et à Paris (Paris I Panthéon-Sorbonne), il réalise cinq courts métrages (dont deux tournés en France) et trois longs métrages. En 1995, il fonde sa société de production 100% Synthetic Films.

    Son premier long métrage L'Attaque de la moussaka géante (2000) raconte l’histoire surréaliste d’une portion de moussaka (plat traditionnel grec), qui, par l'intervention d'une soucoupe volante, se transforme en monstre géant envahissant les rues d'Athènes, tuant au hasard dans les rues. Le film était également sorti en France. 
    Ensuite, Koutras réalise La Vie véritable (2004) dans la quelle, entre autres, joue l’actrice française Anna Mouglalis. Le film a été présenté au Festival international du film de Thessalonique.


    Mais son film le plus célèbre est Strélla (2009). Il s’agit de l’histoire dramatique d’une transsexuelle qui ne peut pas fuir son destin et vit une histoire d’amour étrange dans la capitale grecque. Strella était présenté à la 59e Berlinale et dans une vingtaine de festivals européens.

    Koutras est actuellement en train de filmer son quatrième film, Xenia, qui sera coproduit avec ARTE France Cinéma, ce qui renforce de plus les relations du réalisateur grec avec le public français. Xenia raconte l’histoire de deux frères d’origine albanaise qui voyagent en Grèce. 
    Koutras est un activiste actif des droits des homosexuels et il transmet des messages contre l’homophobie et la xénophobie et pour la tolérance de la diversité dans tous ces films. Son filmStrella a été considéré comme très progressif et innovant pour la société grecque, ce qui n’a pas empêché son succès en Grèce, bien au contraire!

  • FILIPPOS TSITOS

    Filippos Tsitos

     

    Filippos Tsitos fait partie de la nouvelle génération du cinéma grec parue fin des années 1990.

    Né en 1966, Tsitos a effectué ses études d’économie à l'Université d'Athènes et a travaillé comme photographe.

    Il a également été producteur d'une émission de radio et a aussi travaillé au montage et à la direction des documentaires musicaux. En 1991, il quille Athènes pour Berlin afin d’étudier à l'Académie allemande du cinéma et de la télévision.
     
    Son premier film, le court métrage ‘Parlez-moi d'amour,’ a remporté en 1995 le prix national allemand et a participé au Festival du Court Métrage de Drama.

    Le long métrage ‘My Sweet Home’ porte sur le concept de la maison vu sous une perspective plus élargie que le foyer-ni. Le film a été projeté au Festival international du film de Berlin.
    Le film L'Académie de Platon (Akademia Platonos, 2009) [vidéo] aborde le sujet délicat de la xénophobie à travers l’histoire tragicomique d’un grec ultranationaliste qui découvre son origine… albanaise.

    Le film a participé au Festival International du film de Locarno en 2009, où le protagoniste, Antonis Kafetzopoulos, a remporté le "Léopard d'argent" du meilleur acteur et Tsitos a reçu le Prix du jury des jeunes. Le film a été classé parmi les trois finalistes pour le "Prix Lux du Parlement européen "en 2010.
    Par la suite, le film ‘Un monde injuste’ (Adikos Kosmos, 2011) [vidéo], qui traite de la justice parmi les hommes, a remporté une double victoire au 59e festival international de cinéma de Saint-Sébastien.

    Tsitos a reçu le Coquillage d'argent du meilleur réalisateur, alors que le Prix du meilleur acteur a été attribué au protagoniste, à nouveau Kafetzopoulos, pour son rôle d’un policier qui fait tout pour sauver des délinquants ‘innocents’ – ceux qui deviennent ‘injustes’ par force majeure, faute de choix. [Voir aussi Grèce Hebdo]

  • LOUKIA RIKAKI

    Loukia Rikaki


    Loukia Rikaki, esprit vif plein de curiosité, a été l’une des metteurs en scène les plus prolifiques de sa génération. Née au Pirée en 1961, elle effectue des études en histoire de l’art en Angleterre et apprend l’art du cinéma à l’école Stavrakou,- passage obligé pour tous les metteurs en scène grecs- et à l’Exeter University.
    Son œuvre comprend 6 longs métrages, 10 documentaires et 8 documentaires de courte durée.

    Elle débute avec le film La promenade de Suzie en 1982 et fait son premier documentaire avecLe voyage de Dionysos en 1983. Parmi ses films, Le Quartet à quatre mouvements, tourné en 1994 avec Georges Chorafas, crée un écho particulier et gagne la préférence d’un public jeune.

    Aucun moyen d’expression n’échappe à Rikaki, elle passe par la télévision dans les années 80 et participe à la réalisation d’un grand nombre de pièces théâtrales sans ignorer l’art d’enseignement de jeunes acteurs.

    Sa sensibilité envers le monde de l’éducation est aussi visible dans son avant dernier film intitulé Rêves dans une autre langue.
    Ce film se focalise sur la coexistence d’élèves venus de différents pays dans une école chypriote.
    De plus, elle organise deux festivals cinématographiques internationaux, l’un réunissant des films à caractère écologique (Ecofilms), l’autre centré sur la thématique de la santé à l’île d’Hippocrate à Kos.
    D’ailleurs, elle-même se trouve frappée par la maladie très jeune. Elle meurt d’un cancer en 2011 à l’âge de 50 ans et sa mort suscite une grande émotion.

  • ATHINA RACHEL TSANGARI

    Athina Rachel Tsangari

    Athina Rachel Tsangari appartient à la nouvelle génération de jeunes réalisateurs grecs qui ont réussi, en pleine crise, à donner au cinéma grec contemporain une nouvelle visibilité sur la scène internationale.

    Née à Karditsa, elle passe son enfance à Athènes et fait des études de littérature à Thessalonique avant de s’installer aux Etats-Unis où elle étudie le cinéma. Il lui a fallu cinq ans pour réaliser son premier long-métrage, The Slow Business of Going (2000), qui “s’étend de la comédie bouffonne au surréalisme, du film noir à la science-fiction, du multimédia au mélodrame”, selon la critique.

    Le film, primé dans plusieurs festivals et élu meilleur film de 2001 par ‘Village Voice Critics Poll’, fait actuellement partie de la collection permanente des films du Musée d’Art Moderne de New York (MoMA). 

    C’est aux Etats-Unis également qu’elle fonde le festival international de films court-métrage, Cinematexas.
    De retour en Grèce, elle rejoint l’équipe de Dimitri Papaioannou, travaillant pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques d’Athènes (2004).

    Elle s’adonne aussi à la coproduction des films de Yorgos Lanthimos (Kinetta en 2005,Canine, primé à Cannes en 2009, et Alps en 2011), figure emblématique de cette génération de réalisateurs.

    Mais c’est en 2010 qu’elle devient connue du grand public avecAttenberg (photo à droite) (vidéo), “une bizarrerie fascinante”, selon le quotidien britannique ‘The Guardian’, qui met en lumière “l'état d’esprit troublé d'un pays en crise économique et sociale”.

    Le film se développe autour de l’histoire d’une jeune fille qui, dégoûtée par l’espèce humaine, l’observe à distance. D’après la revue cinématographique en ligne Critikat, “il s’agit d’une œuvre tout à fait remarquable, dont la radicalité et le sens de la provocation s’accomplissent dans un geste extrêmement généreux et abouti”. Attenberg a été récompensé à Venise en 2010 et à Angers en 2011.
    Sa dernière œuvre, un court-métrage intitulé La Capsule (2012) (photo à gauche), traite l’histoire de sept femmes isolées sur une île des Cyclades et est influencée par la littérature gothique, la mode et les vampires.


    Tsangari fait partie du courant des réalisateurs qui, en dépit de la crise économique, ont contribué à la renaissance du cinéma grec en choisissant les productions à budget réduit et l’entraide, des projets indépendants, financées sans passer par la bureaucratie du financement public.

    Ce courant, qui se distingue surtout par son regard cinématographique éloigné de l’obsession des générations précédentes pour le passé et ses souffrances, combine l’expérimentation dans la forme avec l’attention portée aux maux de la société grecque d’aujourd’hui.

  • ANTONIS KOKKINOS

    Antonis Kokkinos

    Antonis Kokkinos s’inscrit parmi les cinéastes grecs qui ont ramené le grand public aux salles, suite à la crise du cinéma grec des années 1980.
    Il a travaillé comme directeur de production et assistant réalisateur sur nombreux films et productions télévisuelles. Il a été aussi coproducteur d’une émission sur l'art du cinéma. 

    Dans sa filmographie mention particulière doit être faite au film nostalgique Fin d’époque (1994), portant sur les histoires d’une bande de jeunes gens et camarades de classe.
    Le film décrit la réalité sociale pesante des années ‘60, et la réaction de la jeunesse au moment où la dictature militaire règne. Dans l’ambiance asphyxiante de leur temps, les protagonistes du film trouvent refuge à leurs espiègleries, la musique rock, la troupe théâtrale qu’ils forment, ainsi qu’à l’amour.

    Dans son prochain film, Mon frère et moi (1998), Kokkinos explore le thème de la chute des idoles de la jeunesse à travers la relation entre deux frères.
    L’histoire évolue autour d’une bande musicale des amateurs dont la star était le frère aîné, le rôle étant joué par le musicien Vangelis Germanos.
    Le film met l’accent sur la transition de la société grecque au début des années 1990; c’est une époque pragmatique où les mythes du passé s’effondrent. Comme la Fin d’époque, le film Mon frère et moi était apprécié par le public faisant un grand succès aux salles.
    Le film Les Indigents S.A. (2000) est une comédie touchant aux questions telles que l'ingéniosité individuelle dans la résolution des problèmes sociaux sous un prisme écologique (gérance des déchets, chômage).
    L’histoire se déroule autour les efforts des trois vagabonds de mener une vie honnête mettant en place une entreprise de recyclage des déchets.

  • PERICLES HOURSOGLOU


    Périclès Hoursoglou


    Périclès Hoursoglou, réalisateur, scénariste et producteur grec, né à Athènes en 1955, appartient à cette nouvelle génération des réalisateurs qui mettent l’Homme au centre de leur intérêt. Après des études de mathématiques, il se consacre à la cinématographie et, de 1976 à 1992, Hoursoglou travaille comme assistant aux côtés de plusieurs réalisateurs, dont Pantélis Voulgaris.

    Il commence sa carrière cinématographique avec deux courts métrages, Les boutons de manchette (1980) et Blind System (1983). Vient, ensuite, "Style "(1987), film télévisé qui raconte le quotidien d’un couple (Alexandra Sakellaropoulou et Spyros Papadopoulos) aux grandes ambitions et aux projets de vie fastueuse, quotidien ordinaire et cadre petit-bourgeois, toujours d’actualité. Téléfilm qui a été présenté au Festival de Thessalonique.



    En 1993, Hoursoglou réalise le 1er long métrage intitulé "Lefteris Dimakopoulos". Il s’agit du parcours de Lefteris, le protagoniste, qui débute pendant l’époque de la dictature des colonels. 
    Le film présente l’époque de la junte (1967-1974) alors que le personnage principal, Lefteris Dimakopoulos, travaillait au marché aux poissons de Mesolongiou afin de terminer ses études à l’école polytechnique. Par la suite on suit la vie de Lefteris, à travers sa relation avec sa camarade, Dimitra. Les changements dans sa relation pendant la période de ses études, en Grèce et en Allemagne, aboutissent sur une impasse et leur relation est sacrifiée sur l’autel du travai. Quinze ans après, Leuteris, qui est un ingénieur ayant bien réussi, fête son anniversaire et rencontre à nouveau son meilleur ami, Panagioti, qu’il n’a pas vu depuis des années et avec il fait le bilan de sa vie.
    Le film a reçu plusieurs distinctions au Festival International du Film de Thessalonique (dont meilleur film/nouveau réalisateur/décor/costumes). 
    Suit en 1997 "Le Monsieur en gris", également primé au Festival International du Film de Thessalonique. Ce film suit un fonctionnaire au moment de sa retraite, incapable de vivre le rêve d’une aventure extra-conjugale.  

    Après trente ans de service réussi à la société d' eaux, un fonctionnaire respectable et un chef de famille, Leonidas Chryssis (Giorgos Michalakopoulos), prend sa retraite. Comme chaque automne, il visite seul les eaux thermales de Platystomo, où il rencontre son ancien collègue, Alekos, qui maintenant habite en Suisse. Leonidas se rencontre avec la femme d' Alekos, Christina (Irini Igglessi). La sympathie entre eux se change rapidement en sentiment brûlant, mais ils n' osent pas faire l’ excès, et Christina retourne à son mari.
    Après un voyage bref en Suisse, Leonidas décide d’ oublier Christina, mais celle-ci vient un jour à Athènes et bouleverse à nouveau sa vie. Leonidas s’ affronte à ses enfants, principalement à son fils qui se prépare pour le championnat de natation. Finalement il retourne à sa femme et à sa famille, ayant accepté de son destin et en étant incapable de vivre le rêve.

    Les Yeux de la nuit (2003) parle de la solitude et de l’espor pour un avenir meilleur. Ce film sensible porte sur le caractère essentiel du contact humain et de l’indulgence envers les autres. Il s’agit de la vie de trois personnes différentes qui ont pour point commun la solitude et l’espoir d’un lendemain meilleur, ils vont changer radicalement au moment où ils se rencontrent.
    Le gérant (2009) raconte la vie d’un homme à la cinquantaine qui ne pouvant plus faire face à ses problèmes, décide alors de se consacrer aux autres. 
    Hoursoglou est un réalisateur qui sensible aux gens ordinaires, dépourvus de parole à l’heure actuelle. L’auteur montre une préférence pour la vulnérabilité et les erreurs de ses protagonistes.

  • SOTIRIS GORITSAS

    Sotiris Goritsas

    Sotiris Goritsas est un réalisateur, scénariste et producteur grec né à Athènes en 1955. Il a effectué des études d’économie à Athènes et du cinéma à London International Film School.
    Il a gagné plusieurs prix aux festivals grecs. Il a été le directeur pour des plusieurs documentaires pour la télévision grec publique. Entre ses films les plus connus sont Venus de la neige et Balkanisater.
    En 1987, il tourne ''Quelqu'un reste éveillé'' et en 1990 ‘’Despina’’, tous les deux de longueur moyenne (45 et 55 minutes). C’est grâce à Despina qu’il obtient le prix du meilleur film au Festival International du Film de Thessalonique et aussi le Prix d’ État par le Ministère de la Culture et qui fait parler de lui comme un metteur en scène prometteur.
    Son film Venus de la neige (1993) rencontre l’actualité chaude de l’époque en mettant l’accent sur l’aventure d’un albanais qui traverse les frontières grecques pour gagner une vie meilleure. Ce film est primé au Festival de Thessalonique.
    Vient ensuite Balkanisateur (1997), ‘’road-movie balkanique’’ qui suit deux amis de 35 ans aux caractères opposés, sans argent, qui tentent de survivre dans une petite ville dans le nord de la Grèce.

    Ici, par opposition au Venus de la neige ce sont les grecs qui se déplacent vers les Balkans et plus précisément vers la Bulgarie pour tenter leur propre chance à travers le marché noir.

    Toutefois, Goritsas change de ton et il passe du drame à la comédie de situation pour faire apparaître un désordre typiquement balkanique.
    Le même ton est présent dans le film Brasilero, film tourné en 2001. Il s’agit de l’histoire d’un entrepreneur grec subventionné par l'Union européenne qui reçoit la visite de deux contrôleurs européens qui s’efforcent de voir comment les subventions européennes sont exploitées par l’entrepreneur grec.
    Goritsas continue à jouer avec le ‘’sérieux’’ (Compagnie d’amis -2007) et le ‘’drôle’’ Sortie des ossements titre qui renvoie à l’hymne national grec et qui donne l’occasion à Goritsas de retrouver une certaine ambiance surréaliste. Toutefois, le succès n’est plus au rendez-vous.

  • GEORGES KATAKOUZINOS

    Georges Katakouzinos

    Né à Alexandrie, Georges Katakouzinos suit des cours de mise en scène à Athènes et à Paris où il travaille en tant que premier assistant réalisateur pour plusieurs productions internationales, et collabore également avec Agnès Varda, Costa Gavras, Pierre Koralnik, Bob Day et Bob Lieberman.

    Avant de réaliser ANGUELOS, son premier lon métrage, il a tourné des documentaires et des courts métrages pour les télévisions grecque et française dont le plus connu est NUITS.

    (prix du meilleur court métrage au festival de Thessalonique en 1976, présenté à la quinzaine des réalisateurs en 1977 et prix spécial au Festival de Leipzig 1977).


    En 1982, il tourne son premier long-métrage, Angelos (Ange,vidéo), racontant l’histoire vraie d’un jeune homosexuel qui est conduit au meurtre, ne supportant pas la pression de son amant qui le force à se travestir pour se prostituer.

    C’est la première fois que les sujets de l’homosexualité et des transsexuels sont abordés par le cinéma grec et le film suscite un petit scandale par son approche des faits directe, voire crue.

    La passion, la violence, l’autorité, les relations de dépendance sont présentes dans ce film qui, en dépit de diverses réactions provoquées, connaît un grand succès commercial. Angelos a été primé au Festival de Thessalonique et présenté à Cannes, où il a été mal accueilli par les spectateurs.
    En 1987, il écrit et réalise Absences, où il raconte la déchéance d’une famille de la haute bourgeoisie juste avant la 1ère guerre mondiale. De célèbres protagonistes du cinéma et du théâtre y participent (Pemi Zouni, Themis Bazaka) et le film remporte le prix des critiques et de photographie au Festival de Valencia.
    Dans Zoé (Vie, 1995), il se centre encore une fois sur la violence et la mort que la passion amoureuse peut entrainer, racontant le meurtre épouvantable d’une jeune fille par son mari.

    Il s’agit d’un vrai crime qui a choqué la société athénienne à la fin des années ’80 par sa violence inouïe. A travers ce drame, Katakouzinos retrouve sa préférence pour la critique sociale, en mettant la lumière sur les rythmes frénétiques de la capitale et l’attitude des médias grecs, ainsi que leur rôle au cours de cette affaire inédite.
    Il est pourtant à noter que ni Absences ni Zoé n’ont connu le succès de son premier film.

  • STAVROS TSIOLIS

    Stavros Tsiolis


    Stavros Tsiolis né à Tripolis en 1937 est un metteur en scène qui a suivi grâce à son œuvre riche, en grande partie, le parcours du cinéma grec.

    Ayant travaillé comme assistant-metteur en scène dans 54 films à l âge d’or du cinéma commercial grec, il fait aussi ses propres films à succès commercial dont Abus de pouvoir tourné en 1970 reste le plus connu et suivi à plusieurs reprises par les spectateurs de la télévision.
    Τsiolis choisit la voie du silence pendant quinze ans avant d’effectuer son retour dans le cinéma avec le film Concernant Vassili, en 1985, œuvre poétique de recherche intérieure qui rompe avec le style de sa première période.

    Mais le tournant décisif qui va marquer le reste de sa carrière cinématographique survient avec Invincibles amants, un « road-movie » original dans le Péloponnèse des années ‘ 70 qui rapproche un garçon de douze ans avec une fille solitaire voire originale.
    On trouve ici les éléments clés de la « poétique » de Tsiolis: l’exploration d’une autre Grèce non-touristique, d’une « Grèce profonde », dans les paysages et les villages abandonnés du Péloponnèse, les personnages inhabituels habités par la tendresse, l’ humanisme et le sens de l’humour, les rythmes lents, éléments qui font de Tsiolis une sorte de « Jarmusch grec ». « Low budget » et acteurs non-professionnels, groupes de musique traditionnelle sont aussi au menu du metteur en scène.

    Il arrive à l’apogée de son nouveau style basé sur les mêmes ingrédients avec les films S’il vous plait, femmes, ne pleurez pas (1992) et Les femmes peuvent attendre, comédies raffinées qui témoignent de l’esprit subtil et de la gentillesse profonde du créateur.

  • THEODORE MARAGOS

    Théodore Maragos


    Théodore Maragos est l’un des plus remarquables représentants du cinéma politiquement coloré en Grèce, qui utilise la satire comme outil de critique sociale.

    Né en 1944 dans la province de Messinie dans le Péloponnèse, il commence sa carrière comme dessinateur dans des revues et s’occupe également de la peinture, avant de se consacrer entièrement au cinéma en tant que réalisateur, scénariste et monteur.
    Il fait son début sur le grand écran avec deux dessins animés, primés au festival international du film de Thessalonique : Tsouf (1969) traite l’influence de l’argent sur l’homme et Chut! (1971) présente le petit homme écrasé par la bureaucratie.

    Par la suite, il tourne deux documentaires, Le Terrain, un court-métrage de 1971, interdit par la dictature des colonels et La Lutte (1975), sur la résistance contre le régime de la junte. Tous les deux ont été récompensés au festival de Thessalonique.
    Son premier long métrage, Prenez vos places, apparaît en 1973, mais le grand succès commercial arrive avec ses deux prochains films : Par où pour le dépotoir?, en 1978, et Thanassis, serre-toi encore la ceinture, en 1980 (prix du meilleur scenario au festival de San Remo).

    Dans ces deux grands succès du box-office, Maragos collabore avec le grand comédien Thanassis Vegos et, pour une fois encore, met dans son collimateur les maux de la société grecque, comme la corruption, la fraude fiscale et l’indifférence de l’administration face aux besoins du citoyen.

    Dans Apprends à écrire mon petit en 1981, un film apprécié tant par le public que par les critiques, il aborde les problèmes de l’éducation nationale en Grèce et du chômage des jeunes diplômés.
    Par la suite, il a réalisé plusieurs documentaires, deux séries télé, ainsi que trois films, toujours faisant preuve d’un regard critique sur la vie politique et sociale, dénonçant les mauvaises pratiques enracinées dans le système politique, l’inefficacité de l’administration, ou encore l’indifférence face à la destruction de l’environnement.

    Il faut retenir que Maragos a pu combiner la critique sociopolitique avec le succès commercial à un moment où l’invasion de la télé avait provoqué un coup fatal à l’art cinématographique et à son impact sur le grand public.

  • DIMOS AVDELIODIS

    DIMOS AVDELIODIS

    Un réalisateur unique et exceptionnel, voué au cinéma lyrique d’innocence, telle est la meilleure façon de commencer à parler de Dimos Avdeliodis, créateur bien aimé par le public grec pour son œuvre mais aussi pour sa propre attitude de vivre.

    Né sur l’île de Chios en 1952, Avdeliodis s’attache fortement à son lieu d’origine appréciant la vie rurale et les mœurs des villageois, source principal d’inspiration pour ses films.

    Ses études de philosophie, avant de se tourner vers les études de dramaturgie, ainsi que son caractère modeste montrent un réalisateur qui aime le cinéma de qualité sans pour autant céder à l’élitisme.

    Avdeliodis fait des films avec un budget minime pour les gens ordinaires en racontant leurs histoires et en les utilisant à la place des acteurs professionnels. Ceci constitue un ingrédient indispensable afin de capter l’authenticité des visages et des corps, ce qui nous permet de parler d’un cinéma purement “corporel”.
    Réalisateur et à la fois acteur, scénariste, directeur artistique et metteur en scène au théâtre, Avdeliodis, commence sa carrière en 1982 avec un court-métrage (La concurrence déloyale) recevant le Prix de la critique au Festival du court-métrage de Drama.

    En 1986 il réalise son premier long métrage L'Arbre qu'on blessait, un film plutôt autobiographique tourné sur l’île de Chios traitant le sujet d’amitié et d’innocence à travers les aventures de deux garçons, sur un fond purement rural et pittoresque. 

    Le film a reçu plusieurs prix, (prix spécial de l'association des critiques grecs de cinéma au Festival du cinéma grec 1986 ; Prix européen du jeune réalisateur à la Berlinale en 1987 ; Éléphant d'or au Festival de New Delhi) et a été sélectionné en 1987 lors de la Semaine de la critique, section parallèle du Festival de Cannes consacrée à la découverte de jeunes talents.
    Son film Les Quatre Saisons de la loi tourné aussi sur l’île de Chios en 1999, est une comédie sur la vie rurale et une allégorie sur l’histoire de la Grèce au cours des quarante dernières années.

    Avdeliodis réalise un film qui critique le mythe de la modernisation et de l'occidentalisation de la Grèce en décalage clair à la culture populaire grecque. 

    Le film a reçu le prix FIPRESCI pour le meilleur réalisateur au Festival international du film de Thessalonique en 1999, le prix du public Don Quichotte en Berlinale en 2000 et a été aussi sélectionné pour participer au Festroia (2000), à la Viennale (2000) et au Festival international du film de Tokyo (2000).

    Ses films sont caractérisés par une nostalgie douce qui invite les spectateurs à retrouver l’innocence de leur enfance et tout cela dans une atmosphère particulièrement touchante.
    Avdeliodis est également metteur en scène de théâtre, réalisant des pièces qui traitent des textes des écrivains emblématiques de la littérature grecque tels que Georgios Vizyinos, Alexandros Papadiamantis etc.

    Fidèle à son amour pour tout ce qui vient de la culture populaire grecque, Avdeliodis a aussi réalisé une pièce de théâtre d’ombres, genre connu en Grèce sous le nom de Karagiozis.

  • NIKOS PERAKIS

    Nikos Perakis

    Nikos Perakis s’inscrit parmi les réalisateurs les plus chers au public grec, grâce à son style moderne, humoristique, voire sarcastique.
    Né en 1944, à Alexandrie, en Egypte, il a effectué des études des beaux-arts à Munich et a travaillé comme décorateur de théâtre ainsi que directeur artistique dans des films allemands.
    Il apparaît au cinéma grec vers la fin des années ‘70 et en 1984, il tourne son film le plus réussi, une œuvre légende de la comédie cinématographique grecque moderne. Intitulé "Planque et Camouflage", c’est un film autobiographique qui raconte de façon amusante et satirique les aventures d’un groupe de jeunes hommes qui sont en train d’effectuer leur service militaire quand la dictature des colonels s’installe en 1967.

    A travers leurs histoires et situations drôles et absurdes, Perakis se moque de la discipline superficielle et de la prétention ridicule qui caractérisaient l’armée. 

    Le film fait un grand succès commercial, grâce à son thème marrant et aux interprétations très remarquables du cast. Toute une génération de comédiens surgit de ce film, tels que Yorgos Kimoulis et Nikos Kalogeropoulos.
    En outre, sa valeur artistique est aussi reconnue, car il gagne quatre prix au Festival International du cinéma de Thessalonique et il participe au Festival de Berlin. Perakis a tourné trois suites de la "Planque", en 2005, en 2008 et en 2011. De plus, il a réalisé une version télévisée de la même histoire en 2005.
    "Quatre cents coups" (Vios kai Politeia) est le titre de son prochain film, lancé en 1987. Ici, le réalisateur met au centre de son histoire un citoyen indigné par une société en décadence. Il décide de protester contre tout ce qui l’embête en menaçant d’une bombe le système des télécommunications du pays.
    Il s’agit d’une tragicomédie qui va aux extrêmes pour dénoncer le mauvais fonctionnement des medias et des institutions sociales en général, ce qui rend le film particulièrement actuel.
    Perakis a créé jusqu'à maintenant une quinzaine de films, pour la plupart desquels il a aussi écrit le scenario. Tous se distinguent par un regard original, critique de la réalité sociale en Grèce contemporaine et de ses caractères typiques.

  • THEODOROS ANGELOPOULOS

    Theodoros (Theo) Angelopoulos


    Theo Angelopoulos est la figure emblématique par excellence du nouveau cinéma grec. Né à Athènes en 1935 au sein d’une famille de petits commerçants, il s’approprie très tôt la passion pour le cinéma.

    C’est pour cette raison qu’il quitte les études de droit à la faculté d’Athènes pour gagner Paris en 1961. Il s’inscrit à la Sorbonne en philosophie, suit des cours de filmologie avant d’entrer à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques et à l’Ecole de documentaire au Musée de l’homme animé par Jean Rouch, ethnographe et maitre du “cinéma-vérité”.
    Theo, imprégné de culture française, rentre en Grèce en 1964 et il s’adonne au métier de critique à un quotidien de gauche de l’époque (“Changement Démocratique”).
    Après un film inaccompli sur un groupe pop grec, Forminx Story(1965), il tourne encore un court-métrage, La Transmission(1968), où son esprit pénétrant critique est clairement visible.
    Suit le premier long-métrage, La Reconstitution (1970), qui marque la rupture décisive pour ce qui est des codes dominants du récit cinématographique.

    D’emblée, le style de Theo frappe les esprits basé sur les lenteurs des plans, le soin du cadrage, le style hermétique mais aussi sur la problématique originale qui fait apparaître les mœurs dans un village arriéré de l’Epire et l’incursion de la passion et du crime au sein d’une communauté fermée.

    On est ici loin de la Grèce touristique des îles et de la lumière de la poésie d’Elytis, attrapés par la pluie, le brouillard et la solitude des paysages de la Grèce profonde.
    Vient ensuite le grand pari d’Angelopoulos avec l’histoire grecque contemporaine et une trilogie qui commence avec les Jours de 1936 (1972), au moment de la dictature de Metaxas et finit avec les Chasseurs (1977), en passant par son grand chef-d’œuvre, Le voyage des comédiens (1974), considéré par les critiques comme l’un des meilleurs films dans l’histoire du cinéma.

    Ici, l’histoire récente marquée par la défaite de la gauche au cours de la guerre civile rencontre la tragédie grecque et le mythe des Atrides constituant une méthodologie et une esthétique tout-à-fait personnelle afin de parler de grands événements historiques.

    Les prix ne cessent de s’accumuler tant au Festival de Salonique que dans les festivals internationaux, ce qui se répète avec Alexandre le Grand (1980), fable sur un bandit des montagnes qui devient un tyran mégalomane. Ce film, d’une durée de cinq heures, conduit Theo au Lion d’ Or au Festival de Vénice.
    Dans les années ’80, Theo change un peu son propre style “froid”, inspiré de la distanciation brechtienne avec Le Voyage à Cythère (1984) où la tristesse personnelle et les plaies collectives issues encore une fois de la guerre civile passent par les visages caractéristiques des grands acteurs grecs, Manos Katrakis et Dionysis Papagianopoulos. Mais Angelopoulos ouvre son cinéma aussi aux grands acteurs du cinéma mondial tels que Marcelo Mastroianni dans L’Apiculteur (1986) qui rejoint Theo aussi dans Le pas suspendu de la cigogne (1991) avec Jeanne Moreau.
    Changement de décennie et une nouvelle réalité sociopolitique se dessine dans les Balkans sans pour autant laisser le grand metteur en scène indifférent.
    Harvey Keitel est présent dans Le Regard d’Ulysse (1995), dans le rôle d’un cinéaste américain qui tente de retrouver le premier film balkanique tourné à l’aube du XXème siècle par les frères Maniakis.

    Le film récolte le Grand Prix du Jury à Cannes bien qu’Angelopoulos attendait le Palme d’Οr, attribué enfin à Emir Koustouritsa pour son film Underground. Le Palme d’ Or vient enfin avec son L’éternité et un jour, en 1998.
    Angelopoulos est à l’apogée de sa carrière mais ne cesse de chercher de nouvelles thématiques et de paysages poétiques pour tourner ses nouveaux films. Dans les années 2000, il tourne La Terre qui pleure(2004) et La poussière du temps (2008).
    En janvier 2012, dans une banlieue du Pirée, il commence le dernier volet de sa trilogie L’autre mer, consacré à la crise grecque. Renversé par un motard au moment du tournage lorsqu’il traversait la rue, il meurt suite à de graves blessures.

    La nouvelle de sa mort fait le tour du monde et la “une” de grands journaux dans le monde entier et suscite l’émotion au sein de la société grecque, frappée par une crise sans précédent, comme Theo lui-même l’avait qualifiée.

  • COSTAS FERRIS

    Costas Ferris


    Né en 1935 au Caire, de parents grecs ayant des origines chypriotes et libanaises, Costas Ferris a reçu une culture cosmopolite qui dépasse l’essentiel de la culture grecque. En 1957 il déménage en Grèce où il poursuit des études en cinématographie, avant de s’exiler à Paris à la suite du coup d’État des colonels en 1967. A Paris il s’associe à un groupe de scénaristes français underground participant avec le réalisateur français Jean-Daniel Pollet - son ami et collaborateur au cinéma de longue date - au mouvement de mai 1968.
    Il est à noter qu’avant son arrivée a Paris, Ferris a eu l’occasion de travailler comme assistant réalisateur dans plus de 60 films près de Michel Cacoyannis, Nicos Koundouros, Takis Kanellopoulos, Andrew Marton, James Neilson, Edouard Molinaro, Pierre Kast, Richard Sarafian, Robert Aldrich, Laszlo Benedeck, Richard Wilson etc. en partageant les principes du Nouveau Cinéma Grec.
    Dès son retour en Grèce en 1973, ses multiples talents de réalisateur du cinéma, de télévision et du spectacle ainsi que de scénariste, parolier, écrivain, journaliste et producteur ont évolué avec le temps. Après quelques films caractérisés par l’expérimentation stylistique et l’absurde - Prométhée à la deuxième personne en 1975, Deux Lunes en août en 1978 etc. – et un nombre de séries télévisées et de documentaires centrés sur la vie de certains musiciens grecs, Ferris réalise en 1983 un film classique du cinéma grec, Rebétiko.
    Le film, inspiré de la vie de la chanteuse de la musique rebétiko - l’équivalent de `blues` en Grèce- Marika Ninou, constitue un récit de l’histoire de la Grèce moderne. A travers la vie des anti-autoritaristes et non conformistes musiciens `Rebétes`, refugiés dans leur majorité de l’Asie Mineure après la domination des turcs en 1922, Ferris dépeint le milieu historique, politique et social de la Grèce jusque aux années 1960. Le film est un exemple de réalisme magique avec une photographie vive, aux couleurs claires, à l’opposé des directeurs de photographie grecs de l’époque, qui préféraient les plans obscurs et mélancoliques.

    Le film a remporté l’Ours d'argent en 1984 au Festival international du film de Berlin, le Grand Prix du Festival d'Alexandrie en 1985, le Prix spécial du Jury au Festival de Valence, ainsi que nombreux prix au Festival du cinéma grec de Thessalonique. La musique, qui joue un rôle primordial dans le film, est écrite par le grand compositeur grec Stavros Xarhakos qui a aussi signé la musique de nombreuses autres œuvres de Ferris dans le cinéma et la télé.
    A la suite, Ferris a réalisé un grand nombre de productions musicales à la télé et au théâtre, sans pour autant méconnaitre l’œuvre de l’enseignant pour les jeunes cinéastes ou l’écriture d’ouvrages concernant ses sujets préférés. Le qualificatif de ‘créateur polyvalent’ convient donc parfaitement à Costas Ferris qui demeure toujours actif par rapport aux amours de sa vie.

  • NIKOS ZERVOS

    Nikos Zervos


    Nikos Zervos est l’un des personnages les moins conventionnels du cinéma grec contemporain. Surtout un réalisateur des films cultes, il s’est cependant engagé dans plusieurs domaines de la cinématographie, en tant que producteur, scénariste, acteur, compositeur et scénographe.
    En 1973, il réalise avec Thanassis Rentzis son premier film, Noir + Blanc, critiquant tant la misère de la petite bourgeoisie de l’époque, que l’organisation de la lutte des étudiants contre la dictature des colonels (1967-1974). Le film traite de sujets qui préoccupent la société de l’époque, comme l’exode rural, l’agitation universitaire contre le régime et les rêves perdus des jeunes.
    En 1979, il tourne l’Exilé sur l’avenue principale, basé sur son scénario, où il traite le sujet de l’intégration sociale de la génération “rock n 'roll”.
    De nombreux films ont suivi, ainsi que quelques séries télé, dont on distingue le Dracula d’Exarchia (1983), tant apprécié par les amateurs de films cultes. Zervos, réalisateur et scénariste de ce “Dracula”, crée une satire du monde politique et artistique grec, pleine d’imagination, même parfois poussée à l’extrême. A noter également dans ce film, la participation de Tzimis Panoussis, un artiste controversé de la scène alternative grecque.
    Son œuvre suivante, la Ménagerie féminine (1984), est caractéristique de l’esthétique cinématographique des années ’80.
    Iconoclaste par son humour et ouvert à l’érotisme, Nikos Zervos définit avec son œuvre tout un genre du cinéma grec contemporain.

  • GEORGES TSEBEROPOULOS

    George Tseberopoulos

    Le nom de George Tseberopoulos sert de point de référence pour le cinéma grec contemporain, malgré sa production cinématographique limitée.

    Né à Athènes, il y fait des études d’économie et travaille comme photographe, avant de s’installer à Los Angeles, où il étudie le cinéma et réalise des documentaires, des courts métrages et des pièces de théâtre, jusqu’en 1981.
    En Grèce, il s’engage dans la réalisation et la production au cinéma et au théâtre, ainsi que dans la réalisation de films publicitaires et de films d’entreprises.

    Son première œuvre pour le cinéma, Megara (1974), constitue un documentaire politique et écologique, un film à thèse à l’époque de la junte des militaires.
    Suivant l’insurrection des habitants de la petite ville de Megara, Tseberopoulos trouve l’occasion de dénoncer l’exploitation de l’environnement et de ses habitants de la part des gouvernements et de grands groupes d’intérêt économiques. 
    Megara est primé au Festival de Thessalonique et au Festival du Film de Berlin (1974).


    Le premier long-métrage de Tseberopoulos est L'amour soudain (1984), adaptation cinématographique du roman “Talgo” de Vassilis Alexakis. A travers une histoire d’amour inattendu et sans avenir, le réalisateur y traite avec habileté les fluctuations psychologiques de la femme amoureuse. Le film connaît un grand succès commercial et remporte des Prix nationaux de production, de photographie et de la meilleure actrice.

    En 1990, son second long-métrage, Au revoir, (photo à gauche) constitue encore un film de référence pour le cinéma grec. Autour de la vie quotidienne et futile d’une famille de la petite bourgeoisie et de ses problèmes, Tseberopoulos mêle passion et tension et révèle la question du rêve inaccompli. Le film est un succès commercial et reçoit 5 Prix nationaux.


    Dans son dernier film, La porte de derrière (2000), on suit le passage d’un adolescent à la maturité lors des années 60. Considéré par certains comme son meilleur film, il se distingue par son humour aigu, ses personnages bien développés, ainsi que sa haute qualité de production.

    Dans une période difficile pour le cinéma grec, Tseberopoulos a fait preuve de son capacité d’approcher le grand public et communiquer avec lui, abordant des sujets quotidiens et simples, destinés à tous.

  • GEORGES SARRI (Décés)

    Décès de Georges Sarri


    Auteur et actrice reconnue, esprit subtil et vif, Georges Sarri est morte le 9 juin, à l’âge de 87 ans. 

    Née en 1925 de père originaire de l’Asie mineure et de mère française, Sarri a fait des études en dramaturgie à l’Ecole de Dimitri Rontiris, et, à la fin de la seconde Guerre mondiale, elle a commencé sa carrière en tant qu’actrice de théâtre à Paris. 

    Sa première apparition au grand écran s’effectue en 1958 avec Fin de Crédit de Michalis Cacoyannis. Viennent par la suite L’Homme du Train de Dinos Dimopoulos,Phaedra de Jules Dassin, Crime dans les Coulisses de Dinos Katsouridis, film pour lequel Sarri a reçu le Prix de la Meilleure Actrice de Second Rôle au Festival International de Film de Thessalonique, et Happy Day de Pantelis Voulgaris. 

    Mais ce qui a fait vraiment sa réputation, c’est son rapport avec la littérature. Au total, elle a écrit plus de 20 romans, une nouvelle ainsi qu’une pièce théâtrale.
    Ses 22 livres destinés aux jeunes ont été chaleureusement accueillis par le public. Ses œuvres sont, dans une grande partie, inspirées de ses expériences personnelles venues de l’histoire récente et ses faits marquants tels que l’Occupation allemande, la Guerre civile et les régimes de dictature de 1936 et de 1967.

  • TONIA MARKETATI

    Tonia Marketaki

    Tonia Marketaki est l’une des représentantes du Nouveau Cinéma Grec. Son œuvre constitue par sa subtilité une expression caractéristique de la sensibilité féminine.
    Elle a mené une vie courte mais pleine d’action intellectuelle et artistique, restant fidèle jusqu’au bout à ses valeurs esthétiques.

    Née en 1942 au Pirée, elle rêve faire des films dès l’âge de 10 ans, quand elle découvre les Jeux Interdits de René Clément.
    Elle suit des études en tant que boursière à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC) à Paris, en même temps qu’Angelopoulos, Panayotopoulos et d’autres figures emblématiques du cinéma grec contemporain.
    De retour en Grèce, elle travaille d’abord comme rédactrice artistique et critique du cinéma pour la presse athénienne.

    Son premier court-métrage en 1967, Jean et le chemin l’emmène en prison, sous le régime des colonels. Elle s’enfuie à Londres où elle collabore comme assistante au montage avec Jean Luc Godard et Nicholas Ray. Pendant son exile, elle se trouve aussi à Alger, où elle tourne des documentaires pour des agriculteurs illettrés.

    Son premier long-métrage voit le jour en 1971 et suscite des réactions très vives. C’est Ioannis, le violent, qui gagne les prix de réalisation, scénario et meilleur rôle masculin au festival de Thessalonique et représente la Grèce aux festivals de Berlin et de San Remo.

    C’est un film très original, un commentaire social et psychologique de la Grèce des années ’60. La scénariste et réalisatrice entreprend ici une critique subtile du pouvoir et de la loi, pleine du sarcasme et de l’humour noir. Ioannis est un homme dérangé qui vit aux fantasmes érotiques de pouvoir et de domination sur l’autre sexe. Il passe aux aveux du meurtre d’une jeune femme et se mêle dans une aventure révélatrice de l’absurdité des autorités publiques et de la presse.

    En 1976, sa tentative de tourner un film de science-fiction, une idée très avant-garde pour les données cinématographiques grecques de l’époque, va échouer.


    Le Prix de l’amour (1984) est sans aucun doute le chef d’œuvre de Marketaki. Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle de Constantin Theotokis L’honneur et l’argent dont le scenario est signé par la réalisatrice.
    Film des mœurs de la société du début du vingtième siècle et de l’émancipation féminine qui permet à la realisatrice d’explorer le rapport entre amour et argent. Vêtu de la musique d’Eleni Karaindrou, le film fait un succès artistique international.
    Il est honoré de sept prix au Festival de Thessalonique, du prix du meilleur film méditerranéen (Festival Bastia, Corse) et s’inscrit dans les dix meilleurs films grecs à partir de 1960 par l’International Film Guide.

    Marketaki fait aussi la réalisation d’une série télévisée (Lemonodasos, 1977), et plusieurs mises en scène, surtout au Théâtre d’Etat de la Grèce du Nord.

    Elle produit des émissions à la radio, écrit des poèmes et des récits, traduit du français et de l’anglais des auteurs importants, tels qu’Apollinaire, Gerson, London etc. et adapte en grec moderne des fameuses tragédies (Antigone, Oedipe Tyran etc.). Son dernier film, Nuits de Cristal (1992), représente la Grèce dans 20 festivals internationaux et gagne plusieurs prix.

    Elle meurt brusquement en 1994 d’une crise cardiaque. Son œuvre, riche et variée, reflète un esprit large et aigu à la fois, qui a laissé une trace remarquable aux arts et lettres grecs de la fin du dernier siècle. (Voir vidéo en grec)

  • STAVROS TORNES

    Stavros Tornès

    Arte Povera au cinéma grec. Stavros Tornès (1932-1988) brouille les pistes et fait passer la (sa) vie poétique au grand écran.

    Flâneur lui-même de l’art et de la vie, fait toutes sortes de petits boulots avant de se jeter dans l’étude du cinéma en 1957. Il travaille dans les années ‘60 sur de nombreux tournages en tant que technicien et acteur dans le Ciel de Kanelopoulos et Bloko d’Ado Kyrou et fait avec Kostas Sfikas son premier court métrage intitulé "Thiraikos orthros" (Matines à l’île de Thera), documentaire sur Santorin. 

    La dictature des colonels le pousse à quitter le pays pour gagner l’Italie. Les grands réalisateurs italiens de gauche aux styles divers l’accueillent dans leurs films, comme le maître de la "Commedia all’ Italiana" Mario Monicelli, avec "Nous voulons les colonels" (1973), parodie de la dictature grecque, ou Francesco Rossi avec, entre autres, "Le Christ s’est arrêté à Eboli" (1979) basé sur le roman de Karlo Levi. Il reste surtout à la mémoire la figure de Tornès dans le grand film des Frères Taviani "Allosanfan" (1979).

    Le goût de la peinture ne lui échappe guère et cela est visible dans la réalisation du film Coatti (1977) qui interprète avec sa compagne Charlotte Van Gelder.

    Voyage au quotidien où Stavros choisit des gens du peuple (camionneurs, paysans, etc.) alors que lui-même tient des propos mêlant christianisme et marxisme. Les rues de Rome, ses trattorie et les visages des habitués y sont présents à coté des expressions des Napolitains dans les rues de Naples. 

    Stavros ne revient en Grèce qu’en 1982 et il continue son parcours solitaire et poétique avec le film Balamos. Il décrit de la façon suivante ce terme : "Balamos, est un homme toujours en voyage, qui s'extasie devant le monde. Il marche sans but défini, à l'aventure, plongé dans son rêve, et entre de plain-pied dans les situations qui se présentent " 

    Vient ensuite Karkalou, titre qui renvoie au petit village de l’Arcadie. Le rêve et les visions mystiques hantent ce film étrange qui rompe encore une fois avec les conventions de la narration linéaire. (Prix de l'Association panhéllenique de la Critique). 

    Danilo Treles est son avant dernier film. Le grand critique du cinéma grec Giannis Bakoyanopoulos nous donne sa propre description de ce film: "Danilo Treles, ressemble à un jeu dadaïste, conduit par le vieux Volpone, l'homme-renard qui incarne la ruse, la dépravation et le sarcasme. Le film tout entier est une mise en scène de l'égarement, un conte humoristique sans véritable trame. Les personnages les plus hétéroclites, les races et les langues se rencontrent dans les montagnes et les fleuves d'Épire". 

    Un héron pour l'Allemagne, c’est son dernier film (1987) fait presque de rien, mais adoucit par la musique du grand Manos Hadjidakis. Rêve contre réalité, imagination contre quotidienneté et références à l’histoire sont les ingrédients de ce film. 

    A voir également Le Pauvre Chasseur du Sud, documentaire de Stavros Kaplanidis (1994), qui constitue un voyage dans le monde et les images de Stavros Tornès et à retenir surtout cela à propos l’œuvre de Stavros: l’art ne nécessite pas forcement les grands budgets et les gigantesques campagnes publicitaires.

  • GIORGOS PANASOPOULOS

    Giorgos Panousopoulos


    Giorgos Panousopoulos s’inscrit dans le courant du Nouveau Cinéma Grec sans pour autant partager la rhétorique dominante à caractère politique ou sociologique, qui a marqué le cinéma grec dans les années ’70 et ’80.

    Au lieu de céder à des films à thèse, ou d’une approche principalement sociologique, Panousopoulos met l’accent sur le paysage intérieur de ses protagonistes. Il s’intéresse donc à l’aspect humain de la vie, se concentrant surtout aux sentiments, aux désirs et aux passions de ses héros.

    Bien qu’il débute en tant que réalisateur des longs métrages en 1979, son rapport avec l’univers cinématographique est beaucoup plus ancien.
    Il commence en tant que directeur de la photographie dans plusieurs films des "grands" du cinéma grec, tels que Kirou, Voulgaris, Panayotopoulos, Angelopoulos, Damianos, Perakis, Tsemperopoulos etc.

    Sa connaissance profonde et sa longue expérience sur le côté technique de l’art du cinéma sont particulièrement visibles dans son œuvre, caractérisée d’une habileté et d’une efficacité cinématographique exceptionnelles. En outre, il a construit sa propre carrière comme réalisateur, monteur et directeur de la photographie dans de nombreuses publicités pour la télévision, toutes d’un goût artistique original.


    Son premier long métrage est le fameux Lune de miel en 1979, au lieu de se concentrer sur la situation sociale et politique de l’époque, Panousopoulos choisit un sujet humain mais aussi méconnu, celui du troisième âge.

    Il met en scène des gens qui approchent la fin de leur vie et qui cherchent à fuir dans le monde du rêve et de l’imagination. Un peu plus tard, il tourne le film Ceux d’en face (1981), un étudiant, passionné de motos, surveille avec un télescope une femme mariée, plus âgée, qui vit à l’autre côté de la rue et tombe amoureux d’elle. Le réalisateur s’exprime ici sur l’amour, comme antidote à un univers urbain lourd, voire aliénant.

    En 1985, vient Mania, il s’agit d’un film étrange, qui suit le parcours d’une programmatrice en informatique en crise existentielle. Sa promenade dans le parc national d’Athènes va lui permettre de connaître le monde de ses instincts, en compagnie d’un jardinier, qui nous rappelle la figure mythologique de Pana.


    Le film Tu m’aimes? (1989) est, d’après sa propre déclaration, son meilleur film. Un homme âgé perd sa vie dans son effort à regarder une jeune femme, qui répétait nue le rôle de Juliette. Plongé au lit de l’hôpital, au bout de la mort, l’homme fait sa propre rétrospective à travers les grands épisodes d’amour de sa vie.

    Son cœur, ainsi que sa façon à aimer, fut transplanté dans le corps d’un autre homme, qui va tomber amoureux de la veuve de son bienfaiteur. C’est un hymne à l’amour, dans sa forme pure et naturelle, plein d’images charmantes des paysages de la campagne grecque. Ses scènes nues ont suscité des critiques aussi bien en Grèce qu’a Vénice, où le film a été projeté.

    Le lien étroit du réalisateur avec sa ville, Athènes, est illustré dans le film Un jour la nuit (Athens blues) (2001), Panousopoulos utilise une technique d’amateur, afin de créer une ambiance simple et conviviale, pendant que le spectateur suit la flânerie d’un petit garçon qui cherche ses propres lignes de fuite auprès des espaces et des personnages d’Athènes la nuit.

    Son film le plus récent, intitulé Testostérone (2004), constitue un récit humoristique des aventures d’un voluptueux jeune marin, tourmenté par le désir qu’il suscite chez les femmes qui l’entourent.

    L’érotisme est omniprésent dans la filmographie de Panousopoulos, il le présente dans une version tendre, enfantine et à la fois impudente, émanant de la nature et des instincts humains. L’amour dans son œuvre est associé aux plaisirs de l’été, à la liberté et la poésie.

    Il devient le synonyme de la joie de vivre, l’antidote à la mort et à l’éphémère, son regard sensible et sensuel va au-dessous de la surface des choses, pour explorer avec curiosité et intérêt véritable l’état d’âme de ses héros et de l’être humain en général. C’est comme cela qu’il met son sceau personnel au Nouveau Cinéma Grec.

  • NIKOS NIKOLAÏDIS

    Nikos Nikolaidis


    Nikos Nikolaïdis, constitue parmi les metteurs en scène de sa génération un cas atypique et singulier, tant par sa thématique provocante que par son style original.
    Il construit un univers propre à lui, tirant son matériel de bandes dessinées, de la mythologie du film noir, alors qu’il ne cache pas sa passion pour la musique rock roll.
    Ses personnages sont des marginaux qui vivent à leur propre manière, au delà de la normativité sociale.
    C’est pourquoi Nikolaïdis, metteur en scène mais aussi écrivain, a pu réunir autour de lui un grand nombre d’admirateurs fidèles jusqu’à sa mort, survenue en 2007. 
    Nikolaïdis, né à Athènes en 1939 a réalisé plus de 10 films tout au long de sa carrière, alors qu’il est l’auteur de 7 livres, dont le plus connu est L’homme balkanique enragé
    Quant à sa carrière cinématographique, celle-ci commence en 1975 avec Evrydiki Numéro 2037, film déjà représentatif de l’esthétique de Nikolaïdis, dont l’intrigue se déroule dans un pays soumis à un régime militaire, où ses habitants restent enfermés dans des ‘’maisons-prisons’’.
    Le film, primé au Festival International du Cinéma de Thessalonique, reçoit le prix du Meilleur Nouveau Réalisateur.


    Par la suite, vient Les Chiffons chantent encore (1979), film culte qui cristallise de façon plus caractéristique la mythologie de Nikolaïdis autour des personnages maudits, menant une vie en marge de la société, centrée sur le sexe, l’alcool, le crime, mais aussi sur la tendresse, la nostalgie et la fidélité à l’amitié.
    Mais le film le plus connu et aimé par le public reste le film la Bande Douce (1983). Celui ci raconte la vie d’un groupe d’amis, qui flirte encore une fois avec l’humour noir, l’amour désespéré, la délinquance, la nostalgie musicale autour de rock&roll, et dans tous les cas avec l’impasse existentielle, qui conduit à la mort. 

    Les films réalisés par la suite dans les années ’90 et 2000, accentuent les caractéristiques, d’une ambiance sombre et morbide, chère à Nikolaiïdis qui arrive aux limites de l’hermétisme.Singapore Sling (1990), en fait la preuve, se situant entre film noir et Grand Guignol
    Ses deux derniers films Le Perdant ramasse tout (2002) et Les Années zéro (2005) ne suscitent plus le même enthousiasme avec les films de sa jeunesse. D’ailleurs, l’époque de la contestation et de l’expérimentation originale est déjà révolue.
    Mais la mort subite du ‘film-maker’ est à l’origine d’une émotion profonde au sein de son public, resté toujours fidèle au réalisateur iconoclaste.

  • PANTELIS VOULGARIS

    Pantelis Voulgaris


     

    Né à Athènes en 1940, Pantelis Voulgaris fait partie d’une génération des cinéastes bien politisés, dont les films explorent le paysage politique et social de la Grèce contemporaine.

    Cette génération marque une rupture considérable par rapport à la génération des réalisateurs du cinéma commercial et constitue un nouveau courant cinématographique, connu sous le nom du “nouveau cinéma grec”.

    Voulgaris, figure de proue de ce courant, débute en 1965 avec son court métrage, Le Voleur (O Kleftis), film d’un réalisme subtil et continu avec un deuxième, Tzimis Le Tigre (Tzimis o Tigris, 1967), qui lui attribue deux prix au festival international de Thessalonique.

    En 1972, son premier long métrage apparaît, intitulé Les Fiançailles d’Anna (To Proxenio tis Annas), qui connait un succès considérable au sein de la critique grecque et internationale et remporte des prix au festival de Thessalonique, ainsi qu’au festival de Berlin en 1973.

    Le film constitue un diagnostique fin des mœurs oppressives au sein de la famille moyenne grecque de l’époque, en présentant l’histoire d’une jeune fille domestique dont les patrons s’opposent farouchement à son mariage.

    Il vient après Happy Day (1977), qui porte sur le sujet délicat des prisonniers politiques de la gauche au cours de la guerre civile. Voulgaris parvient à mettre en lumière l’irrationalité des oppresseurs et la cruauté humaine.

     

    Le film de Voulgaris le plus politiquement coloré est sans doute les Années de pierre (Ta Petrina Xronia, 1985), lauréat aux festivals de Thessalonique, de Vénice et de Valencia.

    Le film dresse le panorama de l’histoire politique grecque de la guerre civile (1946-1949) à la restauration de la démocratie en 1974, suite au septennat de la dictature militaire.

    Le film se concentre sur la micro-histoire d’un couple, les deux étant partisans de la gauche, persécutés pour leurs idées. L’évolution politique de la période pèse lourdement sur le couple, marqué par l’emprisonnement prolongé qui empêche une vie commune.

    Les films Le footballer au n° 9 (I Fanela me to 9, 1988 - vidéo) et Acropole (1996 - vidéo) illustrent la vie des ‘misérables’ derrière les lumières de deux mondes fascinants, celui du football professionnel et du théâtre musical.

    Avec Les jours tranquilles d’août (Isyches Meres tou Avgoustou, 1991 - vidéo) et Tout est route (Ola Einai Dromos, 1998 - vidéo), deux films particulièrement aimés par le public grec, Voulgaris touche au problème de l’identité et de la solitude de l’homme moderne, à travers des histoires simples, quotidiennes, qui mettent cependant les héros face à leurs démons personnels.
    Dans ces deux films, son protagoniste,Thanássis Véngos, le comédien archétypique du cinéma grec, démontre sa gamme extraordinaire en acteur dramatique, en nous offrant deux performances inoubliables (voir aussi Grèce Hebdo). 

    Plus récemment, Voulgaris a tourné le film Les Mariées (Nyfes, 2005 - vidéo), lauréat de nombreux prix internationaux.

    Le film traite une histoire d’amour qui se déploie ‘alors que l'Asie mineure est à feu et à sang et le "King Alexander" vogue vers New York. A son bord, 700 candidates à l'émigration. Elles n'ont dans leur petite valise que la photo d'un fiancé inconnu qu'elles épouseront dès leur arrivée et une pauvre robe de mariée.’

    Son dernier film, paru en 2009, L’âme profonde (Psychi Vathia -vidéo), retrouve les soucis politiques de sa jeunesse. Néanmoins, Voulgaris s’efforce de fournir cette fois, sans parti pris, un regard équilibré, mettant l’accent non sur la justification politique mais sur le drame personnel indépendamment des choix politiques.

    Voulgaris, toujours actif avec son œuvre abondante et riche en qualité, a déjà trouvé sa place parmi les meilleurs du “nouveau cinéma grec”.

  • NIKOS PANAYOTOPOULOS

    Nikos Panayotopoulos


    Représentant du Nouveau Cinéma Grec des années 1970 avec Théo Angelopoulos et Pantélis Voulgaris, le réalisateur Nikos Panayotopoulosse distingue par son style déconcertant, imprévisible et mystérieux.

    Né en 1941 et ayant effectué des études de filmologie à la Sorbonne, à Paris, où il a vécu plus de dix ans (de 1960 à 1972), Panayotopoulos tourne son premier long-métrage Les Couleurs de l'iris en 1974. Ce film est une sorte de manifeste de son cinéma caractérisé par un certain anticonformisme et une élégance de style.

    Le film raconte l’histoire d’un type étrange qui, portant un parapluie, interrompt le tournage d'un film publicitaire et après avoir été refoulé, s'enfonce tout habillé dans la mer avant de disparaître.

    Influencé par la Nouvelle Vague française et comme il l'a souvent répété par Godard, Panayotopoulos n'hésite pas à recourir à l’absurde, explorant les rapports entre le cinéma et la réalité, ainsi que les pouvoirs mystificateurs de l'image.

    Son film suivant, Les Fainéants de la vallée fertile (1978), inspiré du roman homonyme d'Albert Cossery, fait l'éloge de l'hédonisme et de la paresse et tant que métaphore de la lutte des classes.

    La scène dans la quelle on voit la gouvernante porter son maitre sur son dos, est tellement fascinante dans son absurdité. Ce film, le plus prestigieux et le plus primé de Panayotopoulos, a reçu le Léopard d’or au Festival de Locarno en 1978, l’Hugo d’argent au Festival international du film de Chicago et de prix importants au Festival de Τhessalonique (Grand prix, meilleure photo, meilleurs décors, meilleur montage, prix de la critique).

    En 1980, il tourne Mélodrame, histoire d'un amour inaccessible doublé d'une méditation radicale sur l'isolement, tourné en noir et blanc, sur l'île de Corfou, dans un décor pluvieux, glauque et mélancolique.

    L’ironie et le sarcasme de Panayotopoulos, sont aussi présents dans cette histoire d’amour, où on voit, au premier plan, un magnétophone répétant des paroles du protagoniste. Dans Variétés (1985) et La femme qui rêvait (1988), le réalisateur s’interroge sur le réel et sa représentation, sur les rapports du cinéma et de la vie.

    Racontant l’histoire d’un réalisateur en crise au premier film et d’une femme en mal d'amour au deuxième, Panayotopoulos poursuit une réflexion sur le rêve comme moteur de la créativité.



    Esprit ouvert qui aime s’expérimenter, Panayotopoulos a tourné des films de genres différents, tels que le road, movie Je rêve de mes amis en 1993 ou les films Le Célibataire (1997) et Au bout de la nuit (1999), présentant le nouveau visage de la Grèce, celui du chômage et des émigrés clandestins.

    Bien que les sujets de ces films soient durs, Panayotopoulos garde son regard oblique et son humour singulier.

    Le réalisateur a même tourné un film controversé qui pourrait être caractérisé comme un hybride de drame et de film musical. Le film Mourir à Athènes, tourné en 2006, n’a pas reçu, d’ailleurs, de critiques favorables.

    Tout au long de sa carrière, Panayotopoulos, a refusé de se soumettre à la réalité imposée par les cicatrices de la guerre et de la dictature, choisissant de créer une autre réalité, fantastique et transcendantale. Son œuvre est une œuvre rêveuse, élégante mais surtout libre.

  • IRENE PAPAS

    GRECE VACANCES www.grecevacances.com


    Irène Papas

    la grande tragédienne


    Née en 1926 à Chiliomodi à Corinthe, Irène Papas est considérée comme l’une de grandes dames du cinéma grec, qui a également mené une brillante carrière internationale. Son nom est lié aux rôles classiques, mais également à de grands succès hollywoodiens et italiens.

    Elle fait des études à l'Ecole Dramatique du Théâtre National à Athènes, près du grand maître, Dimitris Rontiris, et dans les années 50, elle s’excelle dans des rôles tragiques, comme “Médéa” et “Electre”.

    Son talent indéniable et son tempérament dynamique suscitent l'intérêt des producteurs et des réalisateurs du cinéma, grecs et étrangers, et très vite elle se consacre au grand écran. Elle joue dans quelques films grecs, comme Anges perdus(1948), l’un de grands succès de Finos Films, Cité morte(1951), et Lac des pleurs (1959).

    Dans la même période elle débute sa carrière internationale avec des films italiens, comme Les Infidèles (1953) et Attila, fléau de Dieu (1955), et le film américain La loi de la prairie(1956) (Tribute to a bad man).

    Le succès vient avec Les canons de Navarone (1960) et deux ans après, une longue coopération avec le réalisateur Michalis Cacoyanniscommence. Fruits de cette coopération, la trilogie antique, Electre (1962) (vidéo), Les Troyennes (1971) et Iphigénie (1977), et bien sur Zorba le Grec (1964), dont l’énorme succès lui confère une notoriété internationale. En 1969, Irène Papas est choisie par Costa Gavras pour jouer à côté d’Yves Montand dans le film Z, interprétation qui lui vaut l’Oscar.

    De sa longue et continue présence cinématographique de plus de 50 ans et de 70 films, on note également ses rôles dans le Chronique d’une mort annoncée (1986) de Francesco Rosi et Capitaine Corelli (2001) de John Madden.

    Irène Papas s’occupe également de la musique, prêtant sa voix dans deux albums de Vangelis et apparaît dans quelques séries télé, comme L’Odyssée.

    Parmi ses nombreux prix, notons le prix Femmes d'Europe qui lui a été décerné en 2002 pour sa contribution culturelle et artistique. En 2008, elle a été également honorée par la Biennale de Théâtre de Venise.

    D’une beauté méditerranéenne et d’un style d’interprétation tout particulier, elle est souvent caractérisée comme l’incarnation de la tragédienne grecque. Ses rôles portent la plupart des fois sur la vie dure des femmes. Comme elle a affirmé : “Je n’ai jamais voulu interpréter des femmes sensuelles ou désirables. J’ai voulu jouer moi-même; la militante indépendante.”

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  • KATERINA PAXINOU

    Katina Paxinou

    la grande dame


    Katína Paxinou (1900-1973) est considérée comme l’un des ‘monstres sacrés’ du théâtre et du cinéma non seulement grec mais aussi international.

    Née au Pirée au tournant du 20e siècle, elle effectue des études musicales à Genève, Berlin et Vienne et commence sa carrière en tant que chanteuse d’opéra, avant de se consacrer définitivement au théâtre.

    En 1929, elle intègre le Théâtre National de Grèce où elle fait la connaissance de l'acteur et metteur en scène Alexis Minotis (1898-1990). Elle partagera sa vie avec lui jusqu’à sa mort mais aussi une partie de son parcours artistique.

    Tout d’abord, elle lie son nom à la réviviscence de la tragédie grecque ancienne et aux premiers pas du Théâtre National.

    Cette grande dame joue le rôle homonyme dans Électre de Sophocle, la première mise en scène de tragédie grecque dans l’amphithéâtre d’Epidaure, présentée en 1936 par le Théâtre National sous la direction de Dimitris Rontiris.

    Ses performances aux tragédies Œdipe Roi de Sophocle (1952), Médée (1955 - vidéo) et Hécube (1956 - vidéo) d’Euripide sont également classifiées parmi les classiques du genre.

    Pendant les années ‘40, Paxinou et son mari s’installent aux Etats-Unis où elle poursuit une carrière impressionnante aux scènes théâtrales de Broadway (New York), ainsi qu’au cinéma.

    Son premier film hollywoodien est Pour qui sonne le glas (1943 - vidéo) de Sam Wood, à coté de Gary Cooper et d’Ingrid Bergman.

    Pour sa performance au rôle de Pilar, une femme brave et dure, Paxinou gagne en 1944 le prix Golden Globe et un Oscar, tous deux dans la catégorie du meilleur second rôle féminin.

    Une série de films américains suit, parmi lesquels, Le deuil sied à Électre (1947 - vidéo), adaptation au cinéma de la pièce théâtrale d’Eugene O'Neill,‘Dossier Secret’ (titre original Mr. Arkadin, 1955) d’Orson Welles et Quand la terre brûle (titre original The Miracle, 1959).

    Autre rôle emblématique de sa carrière est celui de la mère (la ‘mamma’ méditerranéenne) dans le film franco-italien Rocco et ses frères (1960 - vidéo) de Luchino Visconti.

    Sa performance aux grands rôles du répertoire classique et moderne sont considérées jusqu’à nos jours comme des points de référence dans l’histoire du théâtre.

    Elle joue des rôles protagonistes dans des pièces, entre autres, de William Shakespeare, de Molière, d'Henrik Ibsen, d’Eugene O'Neill, de Federico García Lorca et de Bertolt Brecht.

    En 1950, elle rentre en Grèce et en marge de ses prestations au cinéma et au théâtre, Paxinou joue également pour la télévision américaine et britannique (quatre séries et un téléfilm entre 1952 et 1970). 

    En 1969, elle participe au seul film grec de sa filmographie, L’île d’Aphrodite (1965), portant sur la lutte chypriote contre l’occupation britannique.

    En 1972, atteinte de cancer qui allait l'emporter l'année suivante, elle fait sa dernière apparition au théâtre, dans ‘Mère Courage et ses enfants’ de Bertolt Brecht, à Athènes.

    Une étoile lui est accordée sur le Walk of Fame d'Hollywood.

  • ALIKI VOUGIOUKLAKI

    Aliki Vougiouklaki

    La star ‘’nationale’’


    C’est l’artiste qui a incarné l’éternelle jeunesse et l’insouciance dans l’esprit du peuple grec si tourmenté par les souffrances des années d’après-guerre. Aliki (appelée surtout par son prénom, en signe d’intimité) constitue le symbole du grand essor du cinéma grec commercial.

    Sa carrière tellement réussie et sa popularité exceptionnelle auprès de plusieurs générations successives de spectateurs lui confèrent la qualité d’une vraie star du cinéma, sans précédent dans l’industrie cinématographique grecque.

    Née en 1933, elle montre très vite une forte inclinaison vers l’art dramatique. Elle réussit au concours d’entrée à l’école dramatique du Théâtre National, où elle devient l’élève de metteurs en scène importants de l’époque tels que Dimitri Rondiris et Alexis Solomos.

    Son début sur scène survient avec le rôle de Juliette de Shakespeare, avec lequel elle attire immédiatement l’attention des critiques.

    Mais c’est au cinéma qui attire la grande foule où Vougiouklaki trouve son élément.

    Sa première apparition se fait dans le film La petite souris (1954) de Nikos Tsiforos, suivie par toute une longue série de rôles légendaires dans des films célèbres, surtout des comédies, produites par la firme Finos.


    Dans la plupart d’eux, elle joue la fille mignonne et vulnérable qui fait des malices et tombe amoureuse, comme dans le film La Correction va venir du paradis (1959- vidéo), où Aliki est une collégienne gâtée, séduite par son professeur.

    Le film Aliki dans la Marine (1961- vidéo) dans lequel Vougiouklaki entre clandestinement dans un navire de guerre pour l’amour d’un marin, est un grand succès commercial. Bien qu’identifiée avec un répertoire facile et léger, son talent a été reconnu aussi dans des rôles bien exigeants.

    En 1960, elle est honorée du premier prix du festival de Salonique pour son interprétation à Mantalena  (vidéo), un film émouvant, vêtu aux mélodies charmantes de Manos Hatzidakis, qui participe également au festival de Cannes. Au début des années 1970, l’actrice surprend l’audience, en jouant avec virtuosité le rôle dramatique d’une femme engagée à la Resistance contre les Nazis dans le film Sous-lieutenant Natacha, qui reste jusqu'à aujourd’hui parmi les plus grands succès commerciaux du cinéma grec. 

    Même si elle n’a pas la voix expérimentée d’une chanteuse, elle interprète très dignement des chansons des compositeurs grecs les plus importants de l’époque, comme Hatzidakis, Theodorakis, Markopoulos, Ksarhakos etc.

    Sa tentative de poursuivre une carrière à l’étranger fut cependant un échec. L’audience internationale se montre méfiant envers ses deux films tournés en anglais, Aliki my love (1963) et Double accord (Dancing the sirtaki, en anglais) (1966). 

    Le partenaire de Vougiouklaki dans la plupart de ses films fut l’acteur important Dimitris Papamichael, avec qui ils deviennent un couple dans la vie aussi.

    Leur mariage en 1965 est reçu avec enthousiasme par leurs nombreux fans. Ceci ne dure que 10 ans, mais donne à Aliki son fils bien aimé, né en 1969.

    Parallèlement à sa grande carrière cinématographique, elle ne cesse de travailler au théâtre aussi. Elle devient la chef de sa propre troupe théâtrale depuis 1957.

    Beaucoup de scenarios de ses films dans les années ‘60 étaient initialement écrits et présentés comme pièces de théâtre.

    Dans les années ‘80, à l’époque du déclin galopant de l’industrie cinématographique grecque, elle propose à ses spectateurs un genre inhabituel pour le spectacle grec, la comédie musicale.

    Des productions très riches et élaborées, comme CabaretCabiriaEvita, ainsi que La Mélodie du Bonheur, sa dernière pièce, connaissent un succès remarquable.

    Elle monte deux fois sur la scène de l’ancien Théâtre d’Epidaure aux rôles d’Antigone et de Lysistrata, en suscitant quand même des commentaires controversés.

    Elle meurt brusquement à l’âge de 63 ans et en pleine créativité par un cancer. Son décès inattendu plonge en deuil le peuple grec qui lui a montré son affection pendant plus de quatre décennies.

    Elle reste toujours un personnage populaire, symbolisant l’adolescence éternelle d’une autre époque d’innocence et d’insouciance.

  • MELINA MERCOURI

    Mélina Mercouri

    “Je suis née grecque”

    On a l’impression que tout est dit et écrit sur cette femme connue un peu partout dans le monde sous le nom de Mélina Mercouri. Toutefois, rendre hommage à elle constitue un devoir qui revient souvent à l’ordre du jour.

    Figure extraordinaire, voire polyvalente, elle a laissé ses traces dans l’histoire grecque contemporaine, en tant qu’actrice, chanteuse, activiste et femme politique.

    Née à Athènes en 1920, issue d’une famille de la grande bourgeoisie, Mélina est la petite-fille d’un maire réussi et populaire d’Athènes. Dans ce foyer, si riche en rencontres, elle s’initie aux valeurs de la démocratie et à l’art du débat politique.

    Déterminée à devenir actrice malgré l’opposition de sa famille, elle étudie à l'Ecole Dramatique du Théâtre National et commence sa carrière sur scène à Athènes. Son premier succès vient en 1949 avec la pièce ‘Un tramway nommé Désir’ de Tennessee Williams. Ensuite, elle s’installe à Paris, où elle rencontre Marcel Achard et joue des pièces de boulevard.

     


    C’est en 1955 que Michalis Cacoyannis lui confie son premier rôle au cinéma dans Stella, (version grecque de Carmen), film qui la rend célèbre.

    C’est la période de la rencontre avec son futur mari, le réalisateur américain, Jules Dassin, déjà connu pour son engagement politique et ses films d’une virtuosité rare (Les Forbans de la nuit, 1950 et Du rififi chez les hommes, 1955).

    Désormais, le couple (photo en haut) sera uni dans la vie et au cinéma et Mélina jouera dans huit de ses films, dont le premier est Celui qui doit mourir (1957), adaptation à l’écran du roman de Nikos Kazantzakis, “Le Christ recrucifié".

    Le grand succès vient en 1960, avec Jamais le dimanche  (video) où Mélina incarne Ilya, une prostituée populaire, libre et indépendante des quartiers du Pirée, qui chante “Les Enfants du Pirée” de Manos Hadjidakis, une mélodie reconnue depuis dans le monde entier.

    Le film, nommé pour 5 Oscars, apporte au couple une grande renommée internationale.

    Pour ce rôle, Mélina remporte le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. En 1967, l’adaptation théâtrale du film gagne Broadway, à New York.

    Parmi les autres films réalisés par le couple, à noter également Phaedra (1962), transposition moderne de la tragédie d’Euripide, et Topkapi (1964) (vidéo) où Mélina joue à côté de Peter Ustinov.

     

    En 1967, la dictature des colonels est imposée en Grèce et Mélina exprime ouvertement son opposition au régime, ce que lui coûte la privation de ses droits civiques et son exil en France. Jusqu’à la restauration de la démocratie en 1974, elle milite contre la dictature.

    En 1973, elle publie son autobiographie, intitulée “Je suis née grecque”, dans laquelle elle exprime son amour profond pour son pays et son peuple.

    Dès son retour en Grèce (1974), Mélina se consacre à la politique. Membre fondateur du Parti Socialiste (PASOK) et puis députée, elle devient ministre de la Culture du 1981 au 1989.

    Elle lie son nom notamment aux efforts effectués pour la restitution en Grèce des marbres du Parthénon, qui se trouvent au British Museum de Londres, une lutte poursuivie après sa mort par la Fondation Mélina Mercouri.

    En 1985, en tant que ministre, elle développe, dans le cadre du Conseil européen, l’idée de la “ville européenne de la culture”  visant à contribuer au rapprochement des peuples d'Europe. Elle redevient ministre de la Culture du 1993 jusqu’à la fin de sa vie en 1994.

    En 1997, un prix international Mélina Mercouri a été prévu par l’UNESCO, en récompense des actions de sauvegarde et de mise en valeur des grands paysages culturels du monde.

    D’un tempérament saisissant et surtout passionné de tant de choses différentes, Mélina a lutté avec zèle pour la promotion de la culture grecque. Son peuple garde toujours d’elle un souvenir vif, en lui reconnaissant son grand amour pour la vie, l’art et la Grèce et pour son ‘esprit grec’ authentique.


  • ELLI LAMPETI et DIMITRIS HORN

    Elli Lampeti – Dimitris Horn

    Le cinéma grec des années 50 a été marqué par le légendaire couple Elli Lampeti – Dimitris Horn, deux grands acteurs du cinéma et du théâtre, “amants éternels” au cinéma et, pour quelques années, dans la vie. Deux personnages tellement différents ayant commun l’amour passionné pour le théâtre.

     Lampeti (1926-1983) provenant d’un milieu populaire, a fait des études de théâtre chez l’école de la fameuse actrice grecque Marika Kotopouli sans avoir encore terminé ses études secondaires.

    De sa part, Horn (1921-1998), fils d’une famille bourgeoise avait effectué des études à l’École du Théâtre National avant de les poursuivre en Angleterre et aux États-Unis.

    Au début de leur rencontre au cours des années 40, Horn, déjà protagoniste au théâtre et Lampeti qui jouait avec lui des rôles secondaires, éprouvaient entre eux des sentiments presque d’antipathie. Toutefois, le climat change de façon spectaculaire aux années suivantes.

     Ils fondent leur propre troupe en 1952 et éprouvent un amour passionnant qui a duré 7 ans. Horn, figure prolifique, d’un caractère mélancolique mais aussi bon vivant aux limites du snobisme était aux antipodes de la personnalité fragile, faible et modérée de la talentueuse Lampeti qui affirmait jusqu’ à la fin de sa vie que elle n’avait pas totalement exploité son talent.

    Pendant la période de leur couple amoureux, les deux acteurs participent aux films classiques du cinéma grec tels que Le Réveil du Dimanche (1954) et La Fille en noir (1956) de Michel Cacoyannis, films d’une qualité extraordinaire qui fournissent une image représentative des couches sociales diverses mais aussi une image des mœurs sévères en province grecque.  

    La Fausse Livre d’or (1955) de Yorgos Tzavellas constitue un autre classique pour le duo Lampeti/Horn et met en scène sans doute le meilleur couple amoureux qu’on n’a jamais vu au cinéma grec. Pourtant, Lampeti et Horn se veulent avant tout acteurs de théâtre, justifiant leur participation au cinéma, pour des motifs financiers.

    Après leur séparation, à la grande déception du grand public qui aimait tant ce couple passionnant, les deux acteurs continuent leur carrière sans jamais connaitre de nouveau l’apothéose du passé.Horn, considéré comme l’un des plus grands acteurs de l’après guerre en Grèce a interprété au théâtre des grands rôles du répertoire classique (Ivanof, Don Juan, Richard III, Henri IV, Sleuth, Solnes le constructeur etc), alors que Lampeti a incarné au théâtre la Blanche du Bois, Irma la Douce, Filumena Marturano, Mademoiselle Margarita etc.

    Sa carrière est marquée à la fin de sa vie par l’interprétation de Sarah, une sourde muette dans la pièce “les enfants du silence” au moment où elle avait perdu sa propre voix à cause d’un cancer.

    Lampeti est morte en 1983 et Horn en 1998 mais le grand public grec garde toujours un souvenir vif et tendre de leur exceptionnel parcours artistique.

  • ALEXIS DAMIANOS

    Alexis Damianos

    le grand dilettante


    Alexis Damianos (1921-2006) constitue un cas atypique au sein du monde artistique grec dans la mesure où il entretient des rapports personnels et irréguliers avec la création artistique.

    Il débute comme homme de théâtre tout en assumant les rôles de metteur en scène et de l’acteur et il se lance dans l’aventure cinématographique avec le film Jusqu’au bateau (1966).

    Ce film avec le film de Kanelopoulos, L’excursion, tourné la même année préannoncent le nouveau cinéma grec d’Angelopoulos, de Voulgaris, de Panagiotopoulos et des autres.

    A cette époque, la Grèce demeure un pays d’exportation de la main d’œuvre et Damianos saisit l’occasion de parler de cette plaie de la société grecque à travers la marche de la montagne jusqu’au port d’un jeune paysan qui veut s’embarquer vers l’Australie.

    Le film attire l’attention des critiques grecs et étrangers tant pour son regard sociologique - anthropologique que pour sa propre esthétique marquée par un réalisme dur.


     

    Ce réalisme est présent dans son deuxième film, le fameux Evdokia (1971), connu aussi pour la musique de Manos Loizos et le sublime zeimbekiko que l’acteur principal danse au cours du film (vidéo).

    Evdokia est une fille ‘sauvage’ qui vit de ses charmes entourée d’un souteneur violent et jaloux. Elle éprouve un amour interdit avec un soldat et cet amour tourne au drame.

    Dans les années ’80, le film a été reconnu comme le meilleur film du cinéma grec par les critiques, éblouis par la pureté de l’image, l’austérité des plans et le naturalisme pur qui nous rappelle le style de l’allemand Fasbinder.

    Son dernier film, Iniochos (L’aurige), tourné en 1995 parle de la résistance grecque vu de l’intérieur par un jeune étudiant. Damianos n’a pas ignoré la télévision, où il a fait son propre passage dans les années ’70.

    Toutefois, au cours des dernières décennies, il a quitté Athènes, il s’est installé à l’île d’Eubée où il a vécu isolé jusqu’à la fin de ses jours.

    Il demeure donc un grand dilettante qui a pu grâce à un petit nombre de films gagner une place exceptionnelle parmi les réalisateurs du cinéma d’auteur grec.


  • PANOS GLYKOFRIDIS



    Panos Glykofridis, né à Athènes (1930-2010), a été l’un de plus importants metteurs en scène de la première génération de l’après guerre en Grèce.

    Ayant effectué des études de cinéma à Athènes et à Paris, Glykofridis a su trouver un juste milieu entre le cinéma commercial et le cinéma d'auteur, réalisant au total 21 films.

    Passionné de son métier, il tourne son premier long métrage en 1959 avant de commencer à travailler avec le grand comédien grec Thanassis Vengos tournant avec lui 12 films considérés comme classiques de la comédie grecque.

    Choisissant ce comédien archétype qui incarne le grec naïf et à la fois rusé, Glykofridis essaye de raconter les aventures de la société grecque pendant les années 1960 et 1970 tant au niveau politique qu’au niveau social, faisant de Vengos une star populaire. 

    Pourtant, le film le plus reconnu de Glykofirdis est le drame Avec la flamme dans les yeux (1966), film emblématique du cinéma grec, sur la résistance passive du peuple grec au cours des années de l’occupation allemande. Le film, ovationné pendant dix minutes au Festival de Thessalonique, a reçu les prix du meilleur scenario, de la meilleure musique ainsi que du meilleur premier rôle masculin.

    Le film a été même projeté au Musée d’Art Moderne de New York en 1993 et au Centre Georges Pompidou en 1995, dans le cadre d’une grande rétrospective au cinéma grec.

    Panos Glykofridis a également passé par la TV ayant également réalisé nombreuses séries télévisées sans pour autant ignorer la mise en scène des pièces de théâtre.

    Il a été parmi les fondateurs de l’Association de réalisateurs grecs ayant aussi participé au Conseil Administratif du Centre du cinéma grec.


  • COSTAS MANOUSSAKIS

    Costas Manoussakis


    Costas Manoussakis, d’une carrière cinématographique brève mais impressionnante, a réalisé trois films seulement avant de se retirer à l’âge de 33, sans pourtant connaitre les raisons de cette décision. 

    Dans les années ’60, ses films ont suscité des réactions et fait du bruit dans le monde entier où ils ont été projetés.

    En même temps, les critiques de l’époque l’avaient unanimement reconnu comme un grand talent et un styliste des films dont le potentiel allait au delà des limites étroites du cinéma grec de l’époque.

    Manoussakis débute sa carrière de réalisateur en 1958 avec Amour aux Dunes, un mélodrame avec Andreas Barkoulis au rôle d’un fugitif rejeté dans une plage isolée où il rencontre une jeune fille belle et délirante, Anna (Aliki Vougiouklaki), qui erre comme une petite diable aux dunes, avec la compagnie d'un épouvantail.


     

    En 1964, La Trahison reçoit 3 prix au Festival International du film de Thessalonique, ainsi que le prix de la Paix au Festival International de Film de Moscou.

    Le film, un drame psychologique fascinant, autour d’un amour interdit, dont l’intrigue se déroule durant l’occupation nazie, est aussi entré en compétition au Festival de Cannes en 1965. 

    Son dernier film, La Peur (1966), considéré comme son meilleur, est sorti dans une époque où dominait en Grèce le cinéma commercial.

    On se situe à la veille de l’apparition du ‘’Nouveau Cinéma grec’’ et un autre genre de cinéma ne pouvait donc pas prospérer encore aisément. Manoussakis, malgré quelques tentatives de ‘revenir’, s’est forcé, par la suite, à la marginalisation.

  • NIKOS PAPATAKIS

    Nikos Papatakis




    De père grec et de mère éthiopienne, élevé à Beyrouth, puis exilé en France, époux d’Anouk Aimée et d’Olga Karlatos, Nicos Papatakis, plus connu comme Nico, est l’un des réalisateurs d’origine grecque les plus réputés de l’après guerre.

    A Paris où il s’installe en 1939, il fréquente l'intelligentsia parisienne de l'époque. Plus tard, il crée le cabaret La Rose Rouge dans le quartier de Saint-Germain de Près, passage préféré de nombreux artistes tels que Mouloudji, Michel Piccoli, Les Frères Jacques et Juliette Gréco. 

    Son amitié avec Jean Genet l’emmène en 1950 à la réalisation et au financement du Chant d’amour, dont la photographie est signée par Jean Cocteau. Le film, qui aborde le thème de l’homosexualité en prison, a été vivement critiqué et censuré et ne sortira en salles qu’en 1975. 



    Les Abysses, d’après la pièce théâtrale Les Bonnes de Genet, c’est son premier long-métrage réalisé en 1962, axé sur l’histoire d’une famille bourgeoise humiliée par ses femmes de ménage.

    Le film reçut en 1963 le Grand Prix de l’Académie de Cinéma, mais ceci après avoir provoqué un scandale au Festival de Cannes. Certaines critiques de l’époque y reconnaissent un plagiat provocateur.

    Genet avait affirmé à propos du film qu’il est possible de s’indigner contre la ténacité avec laquelle Nico Papatakis a su saisir et conduire son film pendant deux heures.

    Quoi qu’il en soit, “on doit garder les yeux grands ouverts comme lorsqu’un acrobate exécute un numéro mortel.”

    Les Patres du désordre (1967) est un film de réflexion existentielle qui critique fortement les mœurs qui poussent les jeunes au désespoir et au déclin.

    En même temps, Papatakis y exprime son opposition à la dictature des colonels de l’époque. Il faut attendre presque 20 ans pour qu’il procède au tournage d’un nouveau film.

    En 1986, il réalise La photo, film austère et rigide sur le thème de l’exil, sélectionné au Festival International du Film de Thessalonique et au Festival de Cannes.

    Quatre ans plus tard Les Equilibristes avec Michel Piccoli sera son dernier film.

    Fuyant aussi bien la psychologie que le récit réaliste, ses films sont autant de fables du monde où se jouent les rapports (et les luttes) de classe et le sexuel et le social se trouvent intimement liés.

    Chacun de ses films constitue une obsession de l’humiliation et en même temps un cri de révolte.


    Papatakis, un “ami rare, un homme de courage, un cinéaste raffiné et audacieux” selon les paroles de Jack Lang, a été honoré en 2009 avec l’insigne du Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

    Un an après, en 2010, Papatakis un "irréductible marginal dont l'exigence et l'audace nous poursuivront longtemps", selon Frédéric Mitterrand, meurt à Paris.

    Cinéaste rare et parcimonieux (six films en trente ans), Nico Papatakis apparaît aujourd’hui, dans ce monde où fait retour le politique, où l’exclusion est plus que jamais d’actualité, comme un auteur essentiel.


  • DIMITRIS KOLLATOS

    Dimitris Kollatos

    Dimitris Kollatos est bien connu tant pour ses activités artistiques (réalisateur, metteur en scène, acteur et écrivain) si discutées, que pour son activisme politique.

    Il commence sa carrière au théâtre au début des années 1960, quand il monte, pour la première fois en Grèce, ‘La Cantatrice chauve’ d’Eugene Ionesco, ‘La Fin de partie’ de Samuel Beckett et ‘La Chambre’ d’Harold Pinter.

    En 1962, il tourne son premier film, Athina Khi- Psi- Xi, un court métrage primé au Festival international du film de Thessalonique.

    Deux ans après, avec son dernier court métrage, I Elies (Les Olives, 1964), pour lequel il également écrit le scenario, il acquiert une place parmi les jeunes réalisateurs de qualité.

    Son troisième film, La mort d’Alexandre (1966), a remporté les prix de meilleur film, de scenario et de musique au Festival de Thessalonique. Cependant, ces deux films ont été interdits pendant des années, à cause des scènes non conformes à la moralité de l’époque.

    Pendant la dictature des colonels en Grèce (1967-74), Kollatos vit à Paris où, en tant que directeur du Théâtre d’Art, il monte 20 pièces de théâtre, dont La femme de Socrate et Philippe Pétain.

    En France, il réalise également deux films, Le banquet (1972), où il s’interroge sur l’homosexualité et l’amour et La France de Giscard (1985), dans lequel il approche la France giscardienne des années 1970 d’un œil critique, voire hérétique.

    Son retour en Grèce en 1975 n’a pas mis fin à son activité artistique.

    Parmi ses œuvres de l’époque, notons Aghios Prevezis (1982) sur la vie scandaleuse d’un évêque. En 1988, il réalise son film le plus connu, I zoi me ton Alki (La vie avec Alkis), avec lequel il concilie les Grecs avec l’autisme, film qui touche critiques et public.

    Père d’un garçon autiste lui-même, basé sur sa propre expérience, y montre les angoisses des parents des enfants autistes.

    Un autre film autobiographique, Kokkino triantafyllo sou ekopsa (Le rose rouge), sur sa vie après le suicide de sa femme et protagoniste de ses films, l’actrice française, Arlette Baumann, vient en 1993.

    Dans Alexandre et Aissé, en 1998, il traite l’amour entre un Grec et une Turque faisant aussi référence à la présence musulmane en Grèce.

    Avec son dernier film, I diathiki tou ierea Jean Meslier (Le Testament du curé Meslier, 2009 - vidéo), Kollatos aborde le sujet de la religion et du rôle de l’Eglise.

  • DINOS DIMOPOULOS

    Dinos Dimopoulos

    le noble du cinéma populaire grec


    Dinos Dimopoulos, peut facilement être caractérisé comme `homme de spectacle`, ayant consacré l’essentiel de sa vie au théâtre et au cinéma en tant qu’auteur, scénariste, metteur en scène et auteur.

    Né en 1921 et après des études de droit et de théâtre, Dimopoulos commence sa carrière cinématographique comme acteur avant de tourner son premier film Les Cieux sont à nous en 1953.

    Découvert très tôt par Filopímin Fínos, le fondateur de Finos Film, la plus grande société de production cinématographique en Grèce, Dinos Dimopoulos, s’adonne à une grande diversité de genres cinématographiques comme l'idylle bucolique, le mélodrame, la comédie et le drame social.

    Il tourne chez Finos Films quelque 48 films, connaissant un très grand succès commercial tels que La Belle Poire, Mademoiselle le directeur, Une Famille loufoque, Jenny-Jenny, J'Accuse les hommes, réalisés dans les années 60, avec des acteurs populaires comme Aliki Vougiouklaki, Tzeni Karezi, Alekos Alexandrakis, Nikos Kourkoulos etc. 

    Malgré le caractère commercial et divertissant de ses films, Dimopoulos a réussi à imposer son propre style de qualité en se diversifiant de la vulgarité souvent rencontrée au cinéma populaire.

    C’est pourquoi les critiques de cinéma lui ont attribué le qualificatif du `noble du cinéma populaire grec`. A noter que ses films ont représenté la Grèce dans plusieurs festivals internationaux comme le festival de Berlin, du Caire, de Vienne etc.

    En 1961 son film Maddalena, une comédie sentimentale tournée sur l’ile d’Antiparos, a été sélectionné au Festival de Cannes.

     Le film, un grand succès commercial, a remporté les prix de `meilleure actrice`, `meilleur scénario` et `meilleur acteur dans un second rôle`, lors de la Semaine du cinéma grec à Thessalonique, première version du Festival international du film de Thessalonique. La musique du film a été composée par Manos

     

    Hadjidakis. Son dernier film, "Les Dauphins du golfe d’Ambracie", un film pour enfants qui présentait ses mémoires d’enfance dans la province grecque, a reçu cinq récompenses dans quatre festivals en 1994.

    Dinos Dimopoulos, personnalité polyvalente, marque un tournant dans sa carrière dans les années 80 et consacre son temps à l’écriture des pièces de théâtre et de littérature, laissant dans ce domaine une œuvre assez importante.

  • YIANNIS DALIANIDIS


    Yiannis Dalianidis

    Yiannis Dalianidis (1923 – 2010) a été un des réalisateurs grecs les plus reconnus et aimés par le public grec.

    Il fut scénariste, acteur, danseur et chorégraphe.

    Dès 1958, il se met à écrire des scénarios et sa carrière de réalisateur démarre une année plus tard avec la comédie La Petite Muse.

    En 1961, avec La Descente, il commence sa collaboration avec Finos Film, société de production cinématographique, avec laquelle, il réalise à peu près 59 films.

    Les films étaient des grands succès et accompagnaient la grande réputation de Dalianidis jusqu’à sa mort.

    Suivent La Loi 4000, autre film succès, qui raconte l’histoire d’un professeur avec une morale d’acier, voulant par tous les moyens chasser une prostitué de l’immeuble où il habite, et Certains le préfèrent froid… qui est la première comédie musicale de Dalianidis, avec un casting des acteurs très connus.

    Peu après, viennent Le Vertige, La Flambeuse avec la fameuse Rena Vlachopoulou, Le Prince sans souliers, La Nuit des noces, Les Perles bleu marin, La Parisienne,Réveille-toi Vassili, Une grecque au harem (photo), preuves d’une carrière riche, productive et variée.


    Par la suite, Dalianidis s’est, aussi, consacré à la télévision, avec la réalisation de plusieurs séries télévisées, bien appréciées par le public grec.

    En 1974, il écrit le scénario et réalise la série télévisée en noir et blanc Le Parc d’attractions qui gagna le spectateur pour 7 années consécutives. La série racontait les problèmes de la famille grecque de l’époque.

    Plus tard, durant les années ’80, il réalise des films sociaux, destinés également à la jeunesse. (Les chacals en 1981, Le Virage en 1982). Son dernier film pour le cinéma, Perpetuité, du genre dramatique lui-aussi, raconte les souffrances de l’enfance qui ont influencé de manière déterminante la personnalité d’un jeune moine.

    En 1995, il réalise pour le petit écran une série télévisée d’après le roman de Costas Taktsis Le troisième anneau.

    Pour Dalianidis, la Grèce de l’époque, un pays en voie de développement, était une planche idéale sur laquelle, le drame, la critique sociale pourrait se réconcilier avec la musique et le divertissement.

    Ces films musicaux avaient un grand succès car ils transportaient le spectateur dans un autre monde, d’une ambiance différente.

    Dalianidis, conscient des problèmes de son époque, les a révélés à travers ses films des années ’80 et a parlé des drogues, de la délinquance, ce qui lui a permis de montrer qu’une révolution sans cause amène à la destruction de toute utopie et à la fin des rêves de la jeunesse.

  • ALEKOS SAKELLARIOS

     Alekos Sakellarios

    le maître de la comédie

    Alekos Sakellarios, né à Athènes en 1913 et décédé en 1991, fut un chroniqueur, scénariste, réalisateur, acteur et producteur inspiré qui a marqué l’évolution du cinéma grec.

    Il a fait des études de droit, mais très vite il s’est consacré au journalisme.

    Il a écrit des articles et chroniques dans plusieurs revues et journaux pendant une période de presque 60 ans. La première œuvre qu’il écrit pour le théâtre est Le Roi du Halva, en 1935.

    Plume prolifique, il nous a légué 185 pièces théâtrales, surtout des comédies.


    Le cinéma le gagne après la guerre et une carrière brillante commence pour ce cinéaste autodidacte en 1946 avec le film Prends femme dans ton pays.

    Il a adapté beaucoup de ses succès théâtraux pour le cinéma et il a réalisé quelque 140 films et écrit les paroles pour presque 1500 chansons.

    Souvent dans ses comédies, il est metteur en scène, il écrit le scenario et les paroles des chansons, il joue même un petit rôle ! Sakellarios a fait des films qui, malgré une légèreté apparente, traitent des sujets sociaux et politiques et dressent le portrait de la société grecque de l’époque.

    C’est en 1948, avec Les Allemands reviennent qu’il s’attaque à l’antiaméricanisme ambiant en brandissant une nouvelle menace nazie et en 1954 dans Thanassis le Politicien, qu’il dénonce la démagogie politique.

    Notons son grand succès en 1957, La tante de Chicago, avec les grands acteurs Geogia Vassiliadou et Orestis Makris, dans lequel il critique les mœurs et les vieilles traditions de l’époque.

    En 1959 il tourne La correction vient du paradis (vidéo), voté meilleur film comique de la période 1955-60. En 1966, Ma fille la socialiste (vidéo) décrit le système économique et politique du pays avant la dictature des colonels (1966-1974).


    Il a travaillé avec les grands studios et compagnies de production de son époque et avec la plupart des grands professionnels du cinéma.

    Ses films avec des scenarios intelligents et pleins d’humour, de mise en scène imaginative, ont été un point de départ excellent, ou une étape importante dans la carrière de nombreux acteurs et actrices de l’époque, comme Aliki Vouyouklali , Jenny Karezi, Dimitris Papamichael, Rena Vlachopoulou et tant d’autres.

    Point commun de presque tous ses films, leur grand succès commerciale, souvent sans précédent, qui a valu tant à Sakellarios qu’à ses protagonistes une grande célébrité.

    Par la suite, sa créativité inépuisable l’oriente vers la télévision ; il a écrit et réalisé plus de 40 comédies télévisées et en allant contre le climat de décadence du cinéma grec des années 80, il tourne trois derniers films en 1985 et 1986.

    Maître de la comédie, souvent musicale (vidéo), où des héros appartenant aux classes moyennes inférieures sont confrontés aux petits tracas familiaux et professionnels, Sakellarios a laissé son empreinte, en tant que figure emblématique de l’âge d’or du cinéma grec (années 50-60).

    Il reste inoubliable au public pour ses films happy-end, tant aimés par les Grecs de tous âges qui font toujours rire, même s’ils ont été tournés il y a 50 ou 60 ans.

  • DINOS KATSOURIDIS

    Nouveau cinéma grec

     deux films sur Athènes


    Le nouveau cinéma grec est de nouveau présent et vif à travers deux films, parlant d’Athènes et présentant deux aspects totalement différents de la capitale grecque.

    Ces deux films se projettent avec un seul ticket aux cinémas Mikrokosmos et ASTOR. 


     

    Tout d’abord, pour ce qui est du film Le guide, le metteur en scène, Zacharias Mavroidis, lui même architecte, avec ce premier film, il tente de présenter le chaos qui caractérise Athènes à travers un point de vue estival et plein de couleurs, concentré sur la diversité architecturale de la ville.

    Ensuite, en ce qui concerne Tungsten, ce film présente Athènes en noir et blanc, avec des immeubles abandonnés et des usines en ruine. Les protagonistes, vivant chacun son drame personnel, essayent de faire face à leurs problèmes économiques ou sentimentaux dans une ville qui souffre des pannes d’électricité.

    Le film a été tourné il y a deux ans à Athènes et c’est le premier film de long métrage de Georges Georgopoulos. Tungsten a remporté quatre prix au 6ème Festival International du cinéma de Chypre et a été nominé pour deux prix de l’Académie Grecque du Cinéma.


    Dínos Katsourídis


    En début de semaine, le cinéma grec a perdu l’une des figures les plus emblématiques au cours de son histoire récente. 

    Dínos Katsourídis, né en Nicosie en 1927, a été par excellence un homme de métier, ayant assumé les rôles du réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, monteur et producteur d'une soixantaine de films grecs.

    Né à Chypre au temps de la présence britannique, Dínos Katsourídis commence d'abord des études de sciences économiques à l'Université d'Athènes, avant de suivre le passage obligé qui constitue pour les gens du métier l’école professionnelle de Stavrakos à Athènes.

    Il travaille d'abord comme assistant sur les plateaux de cinéma avant de devenir lui-même réalisateur. Il maîtrise donc la technique du cinéma, puisqu'il s’implique de la direction de la photographie jusqu'au montage.



    De 1951 à 1959, il signe son contrat avec la Finos Film, la société de production cinématographique grecque dominante. Ensuite, il devient indépendant.

    Parmi ses œuvres en tant que réalisateur il faut souligner le film Crime aux coulisses, tourné en 1960, un polar classique basé sur le scénario du maitre du genre Jean Maris. 

    Son film le plus connu et le plus primé est Qu’est que t’as fait à la guerre Thanasis? tourné en 1971. C’est le titre d’un film satirique, d’une comédie amère de malentendus au moment de l’occupation allemande, interprétée par le grand comédien Thanasis Veggos, mort en mai 2011.

    Ce dernier film a reçu les primes du meilleur film artistique, du meilleur scénario, et du meilleur rôle masculin au festival du cinéma de Thessalonique.

  • ROBERT MANTHOULIS

     Robert Manthoulis

    le cinéma de l’expatrié


    Robert Manthoulis est né en Grèce en 1929, mais il vit à Paris depuis 1967. Figure emblématique du cinéma grec, il est cependant bien connu au public francophone notamment en tant que réalisateur pour la télévision.

    En fait, il a mis en scène de nombreux téléfilms et documentaires pour la télévision française, souvent en coproduction avec la télévision suisse, allemande et grecque.

    Principalement consacré à des documentaires, il a pourtant réalisé six films de long métrage pour le cinéma (voir sa filmographie complète), transmis ou distribués dans la plupart des pays européens, au Canada, en Australie et aux États-Unis.




    Il tourne son premier film de long métrage en 1960, la comédieMadame la Maire’ (I Kyria Dimarchos - vidéo). Dans une île pittoresque de la mer Egée, le conflit incessant entre deux taverniers voisins, Anargyros et Aspasia, atteint son climax lors des élections municipales.

    Les deux y sont candidats et commencent à promettre monts et merveilles. L’antagonisme entre nos deux héros les conduits à des actions exorbitantes.

    Ce qui complique les choses est l’amour entre leurs enfants, qui offre finalement la solution à cette tragicomédie, à travers -quoi d’autre?- un mariage. La persistance d’Aspasia, énergétique et déterminée à tout faire pour gagner, fait le drôle de l’histoire, en mettant l’accent sur le thème du "combat éternel des sexes".

    Le film fait aussi un commentaire charmant sur les mœurs de la vie provinciale des années ’50-’60, marquées par les débuts du féminisme en Grèce.

    En 1962, il tourne son film majeur, "Haut les mains, Hitler", œuvre caractéristique d’un humanisme populaire. Deux amis se retrouvent après des années et se rappellent les instants comico-tragiques passés ensemble pendant l’occupation, instants qui ont resserrés leur amitié sous des conditions angoissantes. Le film passe souvent à la télé grecque et suscite toujours la même profonde émotion.

    Par la suite, Manthoulis change de style cinématographique et tourne le film "Face à Face’" (Prosopo me Prosopo, 1966), une satire implacable du nouveau-richissime urbain des années ’60, considéré parmi les films modernistes du cinéma grec.
    C’est l’histoire d’amour sans avenir d’un jeune professeur d’anglais pour son élève, riche, gâtée et destinée à un mariage de raison avec un homme d’affaires. Déprimé par l’hypocrisie de l’entourage, le jeune homme devient désespéré et violent.

    Suite à la dictature militaire établie en Grèce en 1967, Manthoulis quitte le pays pour la France. Sa carrière vire décisivement vers la télévision. Il met en scène une série de documentaires, comme ‘En remontant le Mississippi’ et Le blues entre les dents’, tous les deux sur la musique des blues fleurie dans le Sud américain.

    Il a aussi tourné pour la télé l’adaptation de la trilogie‘Cités à la dérive’ (Akyvernites Politieies, 1985) de l’auteur grec renommé Stratis Tsirkas. Jusqu’ à ce jour, le téléfilm a été diffusé 50 fois sur TF1.



    Son dernier film, ‘L’Histoire de Lilly’ (Lilly’s Story, 2002 - vidéo), se base sur sa propre vie en tant qu’expatrié, ainsi qu’aux expériences de son entourage des années ’70, à savoir la communauté des intellectuels grecs résidant à Paris, ayant quitté la Grèce pour s’enfuir du régime militaire.

    Le récit se concentre sur la préparation d'un film sur la vie d’une résistante grecque pendant qu’un groupe d’intellectuels contribue au scénario et à la production. Cette idée principale du ‘film dans le film’ a été aussi dictée par des événements réels. Début des années ’70, Melina Mercouri (déjà une star suite au film ‘Jamais le dimanche’) se trouve à Paris.

    Là, elle a eu l'idée pour Manthoulis de tourner un film se référant à la condition politique en Grèce. Manthoulis n’a pu jamais matérialisé le film avec Merkouri dans le rôle principal, mais 20 ans plus tard, il a pu tourner l’histoire de cette idée et de l’époque qui l’a faite naître. 


    Comme Manthoulis lui-même le pose, ‘il s'agit d'une époque et d'une situation personnelle, un film basé sur mon vécu et celui de mes amis.

    Ce n'est pas un document d'époque à 100%, puisque c'est avant tout une fiction, mais une fiction inspirée de la réalité c'est ça l'art, c'est ça son rôle. L'artiste prend les éléments, il les recompose et donne à voir un nouveau monde, le sien, qu'il propose de mettre à la place de celui qui est là.



  • VASSILIS GEORGIADIS

    Vassilis Georgiadis


    Vassilis Georgiadis, né dans les Dardanelles en Asie mineure en 1921 et mort en 2000, est le seul réalisateur grec, deux fois nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger.

    Après des études de sciences politiques et de cinéma à Athènes, il travaille comme assistant auprès de grands réalisateurs grecs, comme Koundouros et Dimopoulos.

    En 1956, il tourne son premier film, Les as du terrain, probablement le premier film concernant le foot et ses stars en Grèce.

    A travers un style cinématographique proche au néoréalisme, on y voit les efforts de fameux footballeurs grecs des années 50, quand le football était encore exclusivement une affaire de dilettantes, loin des calculs pécuniaires.

    Les difficultés financières rencontrées lors du tournage n’ont pas empêché Georgiadis de créer un film à valeur artistique.


    Par la suite, le réalisateur s’occupe des drames ainsi que des comédies et vers 1960 il essaie de renouveler le genre "foustanela" (des histoires d’amour se déroulant dans la campagne grecque du 19ème siècle) en introduisant des éléments du western américain: Crystallo (1959), Le sacrifice (1961), La malédiction de la mère (1961). Avec Le Rage(1962) il gagne le pari de la maturité sur le plan de la narration, de l’usage de la psychologie, voire de la création des rythmes purement cinématographiques.

    C’est en 1963 qu’il crée son chef d’œuvre Les Lanternes rouges (vidéo), l’un des plus célèbres mélodrames du cinéma grec, nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger.

    Avec une approche réaliste et poétique, une qualité des images et toute une série de célèbres acteurs, Georgiadis dépicte dans ce filml’histoire tragique des femmes des maisons closes du Pirée.

    Deux ans après, avec Terre sanglante, il fait preuve d’une créativité poétique. Le film, nominé aussi pour l’Oscar du meilleur film étranger, traite l’histoire de deux fils d’un grand propriétaire foncier qui se fâchent quand l’un prend le parti des métayers.

    En 1968, les Filles au soleil, racontant la tendre idylle entre un berger et une jeune touriste, représente l’un des souvenirs les plus doux du cinéma grec. Ce film a été nominé pour le Globe d’Or du meilleur film étranger.

    A noter également, la même année, le Rendez-vous avec une inconnue (vidéo), pour lequel, Elena Nathanaël a remporté le prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Thessalonique.


    Mais Georgiadis n’a pas été seulement un réalisateur de cinéma. Après quelque 20 films, il s’est tourné à la télé et durant les années 1970 il a adapté pour le petit écran de grandes œuvres de la littérature grecque. ‘Le Christ recrucifié’ de N. Kazantzakis et ‘Junkermann’ de M. Karagatsis figurent parmi les plus connues.

    Georgiadis a réussi à rester indépendant contre les grandes sociétés de production et les studios de son époque et en même temps il a joui du succès commercial de ses films et de grandes audiences de ses séries télé.

    Il a été conseiller en cinématographie au ministère de la Culture et en 1999 il a été honoré pour l’ensemble de son œuvre lors du Festival International du film de Thessalonique.

  • GRIGORIS GRIGORIOU

    Grigoris Grigoriou

    Grigoris Grigoriou, né en 1919 à Athènes et ayant effectué des études de droit, de théâtre et de cinéma, est bien connu pour son film Le Pain amer (1951), version grecque du néoréalisme florissant à l’époque.

    Ce film raconte l’histoire d’une famille d'ouvriers entraînée dans la spirale de son destin social et marquée par la mort, le sacrifice, mais aussi l’espoir d’un avenir meilleur.

    Il s’agit d’un témoignage représentatif de la Grèce de l’après-guerre, qui combine la forme du néoréalisme avec le contenu de la critique sociale. Ce film est considéré comme le film le plus connu de Grigoriou, qui, par la suite, effectue un tournant dans sa carrière cinématographique.

    Ce tournant est visible lorsqu’en 1956, il réalise L’enlèvement de Perséphone, dont le scénario est écrit par Iakovos Kampanellis et où fait sa première apparition l’acteur Kostas Kazakos.

    Le film, caractérisé comme une satire des mœurs, se moque des aspects de la vie à la campagne à travers la description de l’amour de deux jeunes vivant dans deux villages voisins qui se trouvent presque en situation belliqueuse à cause de la gestion des eaux de la région.

    Quelques années plus tard, en 1963, Le Frère Anna met en scène un bandit qui amène sa troupe au monastère afin de dérober une croix toute en or, connue sous le nom de la croix d’Alexandre le Grand. Mais, Anna, vivant dans le monastère, réussit à découvrir progressivement toute l’intrigue et se mobilise pour faire échouer le vol.

    Le film, présenté lors du Festival International de Film à Thessalonique, a reçu le Prix de la meilleure interprétation pour le premier rôle masculin. 

    Grigoriou renoue ses liens avec la comédie à travers le film No, Mr Johnson (1965), marqué par l’influence du facteur américain dans la vie de la Grèce de l’époque.

    La comédie reçoit le Prix du Meilleur Scénario par le Festival de Thessalonique et plus tard, le Prix d’Etat de la mise en scène.

    Dans Trouba 67 (1967), Grigoriou fait un film des mœurs, relatif à l’histoire des maisons closes et du quartier malfamé de Trouba au Pirée, qui n’existe plus.

    Grigoriou achève son activité cinématographique en 1971, ayant déjà réalise une trentaine de films, tout en s’occupant en parallèle avec le théâtre, la télévision et la traduction des œuvres théâtrales.

    Il est considéré comme l’un des pionniers du cinéma grec, qui échappe à la règle des films commerciaux de l’époque, en explorant la forme du néoréalisme, version grecque.

  • ALEKOS ALEXANDRAKIS

    Alekos Alexandrakis, né à Athènes en 1928 et décédé en 2005, est connu en Grèce comme un grand acteur du cinéma et du théâtre. Cependant, il est à noter qu’au début de sa carrière, Alexandrakis a consacré l’essentiel de son énergie à la mise en scène, réalisant deux films, le Triomphe en 1960 et le légendaire Quartier Le Rêveen 1961 (vidéo), film référence dans l’histoire du cinéma grec.

    Tourné sur le modèle du néoréalisme italien de De Sica et de Rosselini, le film transmet des messages politiques et sociaux forts, racontant la vie quotidienne des gens du bidonville dans un quartier d’Athènes de l’après guerre, à l’ombre du rocher sacré de l’Acropole.

    Le vif contraste entre une population marginalisée qui tente, par tous les moyens, d’échapper à la pauvreté et à la misère et une image touristique et idéale de la Grèce, est la raison pour la quelle le film a été interdit par la censure.

    Caractérisé comme propagande communiste, ceci a été finalement projeté que dans les grandes villes, après la vive réaction du monde intellectuel contre l’interdiction, alors que la police essayait d’empêcher l’entrée des spectateurs dans les salles du cinéma.

    Le scenario est écrit par le grand poète grec Tasos Livaditis et l’auteur Kostas Kotzias, deux intellectuels de la gauche, qui ont voulu montrer une image réelle du pays, racontant la vie d’un jeune homme, Rikos, récemment sorti de prison. Celui-ci, un petit escroc, tente de gagner sa vie, alors que sa fiancée flirt avec des jeunes bourgeois espérant s’échapper de sa misère.

    Un très bon casting, Alekos Alexandrakis dans le rôle de Rikos, Manos Katrakis, incarnant le père de la jeune fiancée et Aliki Georgouli tenant le rôle d’une jeune femme qui flâne sur les ruines du bidonville ayant l’air de Birgit Bardot, complète le film.

    Tourné en décors naturels, conformément aux principes du néoréalisme, Quartier Le Rêveest un film des scènes purement optiques et sonores, accompagné de la musique exceptionnelle de Mikis Theodorakis.

    Le film qui a vraiment marqué sa génération, est réalisé d’une manière humaniste et sensible transmettant, sans mélodrame mais avec dignité, l’image d’une population qui lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales sans jamais renoncer à leurs rêves.

    Le film a reçu le prix de la meilleure photographie et du meilleur acteur dans un second rôle pour l’interprétation de Manos Katrakis au Festival International du Film de Thessalonique, en 1961. 

    Quartier Le Rêve fut la dernière tentative de mise en scène d’Alexandrakis, de ce jeune premier du cinéma grec qui a osé réaliser un film brut et réel sur l’image de la Grèce, alors que lui-même appartenait à la classe supérieure.

  • MARIA PLYTA

    la première femme metteur en scène en Grèce

    Maria Plytá, née à Thessalonique en 1915 et décédée à Athènes en 2006, fut la première femme réalisatrice et metteur en scène en Grèce. Personnalité polyvalente et charismatique elle a commencé en 1944 à écrire des romans et des pièces de théâtre, obtenant même un prix littéraire par la revue littéraire grecque “Morfés”.

    Mais Plytá s’est vite adonnée à la cinématographie, commençant sa carrière comme assistante-réalisatrice du fameux metteur en scène Yórgos Tzavéllas sur le tournage de Marinos Kontaras en 1947.

    Elle a tourné son premier film Les Fiançailles en 1950, une adaptation d’une pièce théâtrale homonyme, caractérisé comme un film repère pour la cinématographie des mœurs en Grèce.

    Le film, dont Plytá a également écrit le scenario, a été un grand succès donnant à la réalisatrice une place parmi les réalisateurs réussis de l’époque.

    En 1951, elle tourne le film La Louve ayant comme protagoniste la grande actrice du théâtre Aléka Katseli et en 1952, elle réalise Le Filleul (vidéo), une opérette de Théophrastos Sakelaridis, qui fut la première opérette portée à l’écran en Grèce.

    En 1953, elle filme Ève dont la musique est écrite par Mikis Theodorakis et le décor est fait par le fameux peintre grec Yannis Tsarouchis.

    Dans ses films, qui sont connus pour leur mise en scène impeccable et les interprétations remarquables, on trouve de grands acteurs du théâtre et du cinéma et notamment Emilios Veakis, Manos Katrakis, Alekos Alexandrakis, Despo Diamantidou etc.

    Le sujet principal traité par Plytá est la position de la femme dans la société, en lui accordant dans ses films un rôle de protagoniste où elle n’est plus soumise à l’homme mais essaye de diriger elle-même son destin.

    Qu’il s’agisse d’une femme mariée qui entre dans une relation amoureuse pendant les vacances (Ève), d’un vrai personnage historique comme La Duchesse de Plaisance (1956), où d’une jeune femme qui travaille et rêve de se marier par amour et non par intérêt (La Montée, 1964), Plytá raconte les mœurs de la société grecque de son époque et avant, soulignant la lutte de la femme vers son émancipation.

    A partir des années ‘60, elle se tourne vers le mélodrame réalisant des films très populaires, aussi bien des drames que des comédies, terminant sa carrière en 1970 avec le film L'Inconnue de la nuit.

    Elle a tourné au total 17 films et a écrit de nombreux scenarios, s’occupant souvent du montage de ses films.

    Elle a été membre fondateur de l’association des réalisateurs grecs en 1978, dont elle a été nommée membre d’honneur en 1986 pour sa grande contribution au septième art.

  • MICHALIS CACOYANNIS

    MICHALIS CACOYANNIS


    Michalis Cacoyannis, mort en juillet 2011, était un cinéaste internationalement connu. Né  en Chypre en 1921, Cacoyannis faisait des études de droit  à Londres quand  la seconde guerre mondiale éclata.

    Bloqué en Angleterre, il produit des émissions grecques pour la BBC. En même temps, il suit des cours d'art dramatique  et des cours de mise en scène à l'Old Vic Theater. Il débute sa carrière en tant qu'acteur en 1947 maisil se consacre vite à la mise en scène.

    Au total, il a  réalisé 15 films, 36 pièces théâtrales et 7 opéras.  Sa phase néoréaliste démarre en 1954 avec le film Le Réveil du Dimanche, une comédie romantique  bien  originale, dont la fraicheur dure jusqu'à nos jours.

    Ce film, présenté à Cannes en 1954, marque le début d'une brillante carrière internationale. En 1955, il réalise Stella,  histoire d'une chanteuse  qui défend sa liberté de vivre et d'aimer et dont le sort se révèle fatal.  

    C'est le premier rôle de Mélina Mercouri qui joue Stella. Le film obtient en 1956 le Golden Globe du meilleur film étranger. En 1956,  La fille en noir, tourné à l'île d'Hydra, donne à Cacoyannis l'occasion de dénoncer la pesanteur de la tradition dans la province grecque: oppression des femmes, poids du deuil, interdictions rigoureuses empêchant toute réelle relation homme-femme

    En 1964, il filme Zorba le Grec, d'après le roman de Kazantzakis. Il met en scène un jeune écrivain britannique, qui retourne en Crète pour prendre possession de son héritagel. C'est le long-métrage le plus connu de Cacoyannis, qui dépeint une Grèce rurale, extrêmement pauvre et austère aux mœurs rigides où les femmes adultères sont victimes de crimes d'honneur.

    Quand tout est foutu, quand on a envie de baisser les bras, quand les larmes coulent le long des joues, quand le chagrin nous étreint, il suffit de danser, de laisser la douleur quitter le corps par les pieds comme un courant électrique dans la terre et de retrouver les sensations de l'espace et de la vie. C'est la grande leçon de ce monument du cinéma qu'est Zorba le Grec, selon Le Soir. 

    Au début des années 60, il renouvèle le genre de la tragédie antique grecque, en utilisant des décors naturels qui en faisaient des œuvres cinématographiques à part entière et non plus du théâtre filmé. Cacoyannis tournait à l'extérieur et  les paysages étaient un élément essentiel de ses films, un protagoniste de la tragédie en quelque sorte.

    La vraie consécration de Cacoyannis se confirme avec Électre, Iphigénie et  Les femmes de Troy,  via lesquelles il réussit à évoquer les thèmes issus de la tragédie antique comme la famille, l'honneur, le destin, la vengeance et la mort, grâce aussi à la présence de sa muse, l'actrice Irène Papas. Si Zorba est son plus grand succès international, Electre est sans doute son plus grand succès d'estime.

    Cacoyannis réalisait des films parce qu'il avait de l'inspiration et non pas  pour les ajouter à son CV. Tous les films qu'il avait dirigés ont comme élément de base la réalité.

    Selon Élie Castiel aux Sequences, qu'il s'agisse du Réveil du dimanche, de Stella, ou bien encore de  La Fille en noir, le cinéaste montrait un savoir-faire indéniable, faisait preuve d'une direction d'acteurs impeccable et proposait un regard sur la vie et le cinéma d'un profond altruisme etd'un sens de l'observation percutant… Cacoyannis demeure l'un des grands humanistes du cinéma grec.

  • NIKOS KOUNDOUROS

    Le cinéma grec

     

    Níkos Koúndouros


    Le cinéaste Níkos Koúndouros né en Crète en 1926 et diplômé de l'École des Beaux-arts d'Athènes, fait partie des réalisateurs grecs du courant néoréaliste, qui a fleurit pendant les années 1950.

    Pourtant, son œuvre, couvrant presque cinq décennies, s'étend au-delà de ce mouvement et est caractérisée par une diversité de motifs, de  thématiques et d'esthétique,  qui lui attribue  une place spéciale dans le panorama du cinéma grec.

    Du point de vue politique et social,Koúndouros est un cinéaste militant de gauche. Déporté de 1949 à 1952 sur l'île de Makronissos, lieu d'exil suivant  la  guerre civile,  il considère que ce camp d'internement a été pour lui "la plus grande des écoles". C'est lors de ce séjour qu'il choisit le cinéma comme vecteur de son expression artistique.

    Son premier film paraît en  1954. C'est la  Ville magique(Magiki Poli).

    Le film  fait usage du  thème habituel du  mélodrame et développe  l'éthique populaire opposée  aux puissances corruptives de l'argent, à travers de l'histoire d'un  jeune travailleur qui se  mêle dans une aventure illégaleavec un escroc pour gagner enfin le cœur de celle qu'il aime. 

    L'Ogre d'Athènes (O Drakos), paru en 1956, est l'un des classiques  du cinéma grec pour sa façon révolutionnaire de présenter les classes populaires et les exclus. C'est aussi un film noir caractéristique, qui a, en outre, offert au rebetiko,le genre musical de la marge sociale, sa première restitution,  grâce à la musique de  Mános Hadjidákis.

    L'histoire est celle d'un homme seul, petit employé insignifiant, qui découvre tout d'un coup qu'il ressemble à "l'ogre d'Athènes", un malfaiteur recherché par la police.

    Bien que perdu au début, il s'adapte rapidement au rôle de "l'ogre" et se fait  accepté au sein d'une bande de gangsters.  Comme dans  la  Ville magique, là aussi, Koúndouros, influencé par  le  néoréalisme italien, montre l'aliénation montante de la  société grecque  de l'après guerre.

    Lors du 1er festival du cinéma grec de Thessalonique (1960), le film a reçu le prix rétrospectif du meilleur film pour la période 1955-1959.Avec ses deux films suivants sortis en 1958, Les Hors-la-Loi (Oi Paranomoi) et Le Fleuve (To Potami),  Koúndouros s'éloigne du néoréalisme et promeut une esthétique plus personnelle fondée sur l'allégorie.

    Il emploie les mythes grecs anciens en tant qu'archétypes, afin d'approcher les questions les plus grandes de l'existence humaine. Dans ce cadre, il explore le thème, commun dans les deux films, de l'homme visant à franchir une frontière en fait infranchissable, afin d'accomplir  son destin, d'atteindre "l'autre rive". Les films suivants de Koúndouros vont encore plus loin dans la recherche esthétique.  

    Les Petites Aphrodites (Mikres Aphrodites,  1963), dont l'érotisme  reflet lesrevendications sociales du début des  années 1960, s'inspire des mythes  de  la Grèce antique dans une ambiance de paganisme primordial. Le film a remporté le prix de la mise en scène et le prix de la critique au festival de Berlin en 1963.

    Vers la fin des années 1970, Koúndouros renoue avec le néoréalisme qu'il utilise dans ses films inspirés de l'histoire contemporaine grecque : 1922 (1978 - vidéo)sur la Grande Catastrophe d'Asie mineure, Bordelo (1984) sur la  révolte crétoise de 1897-1898, et Byron, ballade pour un démon (Bayron, Ballada gia ena Daimona,1992) sur la guerre d'indépendance grecque.

    Dans cette phase de sa carrière, Koúndourosexprime à nouveau la solitude de l'individu qui se retrouve sans espoir, impuissant, jouet des événements et de l'histoire.