GRECE VACANCES séjours, culture & traditions
GRECE VACANCES

cinema grec

  • JULES DASSIN

    Jules Dassin

    Un Cinéma d’un Grec différent

    Jules Dassin s’inscrit parmi les personnages remarquables de l’art du cinéma du 20e siècle, un véritable cosmopolite à trois patries (Etats-Unis, France, Grèce) dont les liens avec la Grèce furent très étroits et profonds pendant des décennies. 
    Né à Connecticut en 1911, fils d’une famille juive, il est attiré depuis sa jeunesse par le grand écran. Dès les années 1930, il devient partisan actif de la gauche et adhère au Parti Communiste.
    C’est pourquoi, après ses débuts cinématographiques à Hollywood dans les années 40, il est placé sur la célèbre "liste noire" des personnalités communistes. Il trouve refuge d’abord à Londres, puis en France, avant de s’installer en Grèce dans les années 1960, suite à son mariage avec la fameuse actrice grecque Melina Mercouri.
     
    Il débute comme metteur en scène au théâtre, passe au cinéma par le biais de court-métrages et apparaît aussi souvent comme acteur dans ses propres films. A Hollywood, il travaille d’abord en commande pour Metro Goldwyn Mayer (MGM) et ensuite il devient très actif au sein de l'Actor's Lab, compagnie de théâtre expérimentale.
    Dans les années 1940, il devient l’assistant d’Alfred Hitckok, dont l’influence sur la technique et la direction d’acteur est parfois évidente.
    Ses films indépendantsLes Démons de la Liberté et La Cité sans voile révèlent un savoir-faire exceptionnel. Lors de la "chasse aux sorcières", il est exilé à Londres en 1949 où il tourne Les Forbans de la Nuit, un filmunique et remarquable, fantasmagorique et tragique, dont la distribution aux Etats-Unis fut interdite. 
    Le film pour lequel Dassin sera apprécié comme un maître du « film noir », c’est le thriller Du Rififi chez les hommes, tourné en France en 1954. Il sera honoré du grand prix de la réalisation au festival de Cannes en 1955, où le réalisateur fait la connaissance de Melina Mercouri, la femme qui allait lui changer la vie en l’introduisant aux charmes de la culture et de l’esprit grec.
    Il vient en Grèce en 1957 pour réaliser en Crète le film Celui qui doit mourir, basé sur le chef d’œuvre de Nikos Kazantzakis Le Christ recrucifié
    Mercouri est la muse de son plus grand succès commercial, le film Jamais le dimanche, où Dassin interprète le rôle d’un philhellène Américain qui tombe amoureux d’une prostituée au Pirée et tente de l’apporter au droit chemin.
    Mercouri gagne le prix de la Meilleure Interprétation féminine, au festival de Cannes en 1960 tandis que la musique sublime de Manos Hatzidakis pour le film, y compris la chanson Les enfants du Pirée, est honorée du prix de l’Académie Cinématographique Américaine (Oscar) pour la meilleure musique de film en 1961. 
    Par la suite, vient Phaedra en 1962, où Melina Mercouri joue le rôle principal à côté d’Anthony Perkins dans une transposition du mythe grec ancien homonyme dans la Grèce contemporaine, d’après un scenario de Marguerite Limperaki.
    Deux ans plus tard, le film Topkapi, un thriller sur le vol d’un diamant, tourné à Istanbul, sera enregistré comme un des œuvres de Dassin les plus remarquables et les plus réussies. 
    Lors du coup d’état en Grèce, en 1967, Dassin et Mercouri se trouvent à New-York ou ils montent à Broadway la pièce Ilya darling, une adaptation de Jamais le dimanche. Là, ils trouvent l’occasion de lancer une campagne d’information et de résistance contre la dictature des colonels.
    Jusqu'à la reconstitution de la démocratie, le couple reste exilé à Paris. De retour en Grèce, Dassin réalise, toujours avec Mélina, des œuvres inspirées du patrimoine intellectuel grec classique aussi bien que de l’histoire récente de la Grèce. The Rehearsal (1974) illustre la révolte des étudiants à Athènes en 1973 contre le régime militaire.
    Le Cri des femmes (1978) est inspiré de la tragédie Médée. Aux années 1980, Mercouri poursuit une carrière politique comme Ministre de la Culture et Dassin rentre à la mise en scène au théâtre, en présentant des performances toujours de haute qualité artistique, telles que L'Opéra de quat’ sousMort d'un commis voyageur et tant d’autres. 
    Après la mort de sa femme en 1994, Dassin s’engage à la poursuite de la vision de Mercouri, du retour en Grèce des marbres du Parthénon, exposés au Musée Britannique de Londres. Il meurt en 2008 par les suites d’une grippe, à l’âge de 96 ans.
    L’état grec lui avait accordé la nationalité grecque à titre honorifique déjà depuis 1988, en reconnaissance de sa contribution et de son amour pour la Grèce.

  • JOHN CASSAVETES

    John Cassavetes

    Caractérisé comme le pionnier du cinéma américain indépendant, John Cassavetes (1929-1989), fils d’immigrés grecs, a commencé sa carrière dans les années 1950 en tant qu’acteur du cinéma et de la télévision dans des productions bien accueillies.
    Esprit vif, Cassavetes, crée en 1956 un atelier de théâtre où règne la méthode de l’improvisation et deux années plus tard il commence à réaliser son premier film quasi documentaire Shadows.
    Le film, considéré comme l'écho de la Nouvelle Vague - qui naît à cette époque en France - est un exercice libre de la part du réalisateur et de ses acteurs. Le film, tourné avec une camera à l’épaule et peu de moyens, raconte l’histoire d’un petit groupe de jeunes noirs et métis confrontés à la discrimination raciale.
    Le film ayant comme fond la ville de New York et la musique du jazzman Charles Mingus, est mieux accueilli en Europe, gagnant le prix de la critique au Festival de Venise avant d’être diffusé aux États Unis.
    C’est avec ce film, plein de liberté et d’intensité, qu’apparait une nouvelle vague new-yorkaise au cinéma américain en s’appropriant les caractéristiques du “cinéma-vérité”.
    Cassavetes, dans les années suivantes, s’efforce de concilier la vision artistique avec la carrière à Hollywood et tant qu’acteur et réalisateur. Sans éviter les rapports difficiles et les conflits, il réalise des films pour de grands studios du cinéma américain, tels que Too Late Blues, traduit en français par La Ballade des sans-espoirs (1961) et Un enfant attend (A Child Is Waiting) (1963), le premier film dans lequel apparaît son épouse, l’actrice Gena Rowlands, aux côtés de Judy Garland et Burt Lancaster.
    La relation tourmentée de Cassavetes avec les grands studios de production comprend aussi sa participation en tant qu’acteur dans un nombre de films tels que Rosemary's Baby, de Roman Polanski, les Douze Salopards de Robert Aldrich etc. 
    Grâce à l’argent qu’il gagne par sa collaboration avec Hollywood, il tourne son deuxième filmFaces en 1968. Écrit d’abord pour le théâtre, Faces, suit la dérive d'un couple d'âge mûr en panne, dans leur aventure extraconjugale. Avec son propre style, Cassavetes libère le jeu d'acteur qu'il place au centre de son dispositif cinématographique et focalise son œuvre sur la classe moyenne américaine.
    Le film est sélectionné à la Mostra de Venise dans la catégorie “meilleur film” et “meilleure interprétation masculine”, en revendiquant trois Oscars.
    Entouré d’acteurs fidèles à son cinéma (Peter Falk, Ben Gazzara, Seymour Cassel) Cassavetes a aussi réalisé les films Husbands, Minnie et Moskowitz, Opening Night, Torrents d'amour, Meurtre d'un bookmaker chinois, Gloria et Big trouble sans céder aux facilités d’un cinéma idéologique ou sociologique. Les films de Cassavetes parlent des sentiments et des faiblesses de ses protagonistes filmés sans cesse par le réalisateur, souvent jusqu’ à ce que la pellicule arrive à son terme.
    John Cassavetes a laissé son empreinte dans l'histoire du cinéma américain influençant également le cinéma européen. Woody Allen, Pedro Almodóvar entre autres, font l’éloge du metteur en scène gréco-américain tout en s’appropriant un certain nombre d’éléments de son œuvre cinématographique.

  • GIORGOS LANTHIMOS

    Yiorgos Lanthimos


    Giorgos Lanthimos, réalisateur grec prometteur appartenant à la nouvelle génération, est né à Athènes en 1973. Après des études à l’école de cinéma de Stavrakos à Athènes, il a réalisé au cours des années ‘90, des pièces théâtrales sans pour autant méconnaitre le domaine des publicités et des vidéos faits pour des compagnies grecques de danse et de théâtre. 
    Son premier film Kinetta (2005) se déroule dans un hôtel grec à Kinetta (ville balnéaire près de la capitale), et mêle les rapports difficiles entre une femme de chambre, un policier, et un photographe. D’après le metteur en scène, le film se focalise sur les côtés psychologiques des caractères et aux particularités de leur comportement. 
    Mais c’est Canine (2009) qui est à l’origine de la réputation du jeune metteur en scène. Ce film controversé, a remporté, entre autres, le ‘’Prix Un Certain Regard’’ au Festival de Cannes.
    Film nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2012, Caninemet en scène l’histoire d’un couple qui, pendant des années, garde ses enfants à l’écart du monde, isolés et n'ayant aucun contact avec le monde extérieur. 
    Selon des critiques, Lanthimos filme l’histoire, calmement, presque somptueusement, satirisant avec un humour à froid les valeurs patriarcales d'une société que la jeunesse de son pays, par une curieuse coïncidence, aura entrepris au même moment de manifester dans la rue.
    Selon Libération, ‘’Lanthimos possède cette qualité indiscutable d’amener du sang neuf dans le cinéma grec. Sarcastique, déstabilisant, avec un côté glaçant, il livre une chronique martiale de son pays’’.


    Par la suite, Lanthimos a réalisé Alps (2011), qui doit son titre à une sorte de confrérie éponyme, à laquelle appartiennent quatre personnages. Le personnel de cette confrérie, embauchée par des personnes en deuil, remplace les personnes mortes pour offrir de la consolation à leurs familles.
    En 2011, Alps a gagné le Prix Osella pour le meilleur scénario, au Festival de Vénice. Ceci offre une plongée insolite voir illimitée au cœur de la mort. Dans un entretien accordé au journal belge Le Soir, Lanthimos précise que son film se situe aux antipodes de Canine., on est ici face à une jeune femme qui cherche à faire intrusion dans une famille au moment ou à Canine, on cherchait à en sortir à tout prix. "Alps" fonctionne comme une belle métaphore sur le métier d’acteur mais aussi sur une société contemporaine aux rapports humains de plus en plus numériques, une société où, au lieu de vivre sa vie, on la joue de façon artificielle... 
    Son nouveau film s’appelle L’homard. Il s’agit d’une ville où les couples entrent en relation, à condition qu'ils aient au moins une caractéristique en commun, sinon, ils se transforment en un animal de leur choix. 
    Le style de Lanthimos tient à un cocktail. Comme lui-même a déclaré ‘’J’aime mélanger comédie, drame, violence. Les choses profondes et les choses humoristiques. C’est ce qui crée sans doute le ton de mes films. Parfois, nous avions des choses drôles sur papier et qui, une fois tournées, prenaient un caractère sérieux. Ou l’inverse.’’

  • OLGA MALEA

    Olga Maléa



    Olga Maléa est une réalisatrice et scénariste grecque, ayant fait des études de droit et de psychologie. 
    A partir de 1985 et jusqu' à 1995, elle a réalisé plusieurs documentaires pour la télévision grecque et italienne et des vidéos à caractère éducatif.
    Elle avait réalisé sa première vidéo court métrage, avec ses camarades de classe à l'Université de Yale, lorsqu’elle y préparait son doctorat. 
    Ses films les plus célèbres sont L’ orgasme de la vache (1997), Le charme discret des hommes (1999), Risotto (2000), Beignets au miel (2005) et  Premier Fois Parrain/Les premiers baptêmes (2007), inspiré du livre de Nikos Papandreou - fils d'Andreas Papandreou – “Dix mythes et un étage”.

    Tous les films de Maléa ont connu un certain succès commercial en Grèce, en enregistrant plus de 250.000 entrées. 
    Son dernier film, Les échecsqui n’est pas encore accompli, est centré sur l’histoire d’un chantage émotionnel au sein d’une famille grecque. 
    Olga Maléa est présentée à plusieurs reprises par le magazine américain "Variety" comme une réalisatrice européenne prometteuse. Elle est mariée et a deux fils.

  • TASSOS BOULMETIS

    Tassos Boulmetis

    Tassos Boulmetis est né à Istanbul en 1957 et s’installe en Grèce en 1964. Il fait des études de physique à Athènes et de cinéma et télévision à Los Angeles (UCLA), où il enseigne pendant quelques années.

    Dès son retour en Grèce, il s’adonne à la réalisation et la production de séries télévisées. Son premier film, L’usine à rêve, apparaît en 1990 et remporte des prix en Grèce et au Festival international du film de Houston.

    En 2003, le grand succès arrive avec son deuxième film, Un Ciel Epicé (vidéo), qui détient le record du box office grec.

    Le film raconte les souvenirs infantiles d’un astrophysicien issu d’une famille grecque d’Istanbul (la vie dans la ville turque, la famille, l’amour d’enfance) qui sont ravivés lors de son voyage de retour à la ville.

    Il s’agit d’un film très nostalgique qui a été adoré par le public grec. Un Ciel Epicé a remporté plusieurs prix attribués par l’Etat grec et a été également primé au festival international du film de Thessalonique.
    Depuis 1988, Boulmetis s’intéresse également à la réalisation de films publicitaires et est spécialisé en effets spéciaux et dans la création d'images 3D.

  • ATHINA RACHEL TSANGARI

    Athina Rachel Tsangari

    Athina Rachel Tsangari appartient à la nouvelle génération de jeunes réalisateurs grecs qui ont réussi, en pleine crise, à donner au cinéma grec contemporain une nouvelle visibilité sur la scène internationale.

    Née à Karditsa, elle passe son enfance à Athènes et fait des études de littérature à Thessalonique avant de s’installer aux Etats-Unis où elle étudie le cinéma. Il lui a fallu cinq ans pour réaliser son premier long-métrage, The Slow Business of Going (2000), qui “s’étend de la comédie bouffonne au surréalisme, du film noir à la science-fiction, du multimédia au mélodrame”, selon la critique.

    Le film, primé dans plusieurs festivals et élu meilleur film de 2001 par ‘Village Voice Critics Poll’, fait actuellement partie de la collection permanente des films du Musée d’Art Moderne de New York (MoMA). 

    C’est aux Etats-Unis également qu’elle fonde le festival international de films court-métrage, Cinematexas.
    De retour en Grèce, elle rejoint l’équipe de Dimitri Papaioannou, travaillant pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques d’Athènes (2004).

    Elle s’adonne aussi à la coproduction des films de Yorgos Lanthimos (Kinetta en 2005,Canine, primé à Cannes en 2009, et Alps en 2011), figure emblématique de cette génération de réalisateurs.

    Mais c’est en 2010 qu’elle devient connue du grand public avecAttenberg (photo à droite) (vidéo), “une bizarrerie fascinante”, selon le quotidien britannique ‘The Guardian’, qui met en lumière “l'état d’esprit troublé d'un pays en crise économique et sociale”.

    Le film se développe autour de l’histoire d’une jeune fille qui, dégoûtée par l’espèce humaine, l’observe à distance. D’après la revue cinématographique en ligne Critikat, “il s’agit d’une œuvre tout à fait remarquable, dont la radicalité et le sens de la provocation s’accomplissent dans un geste extrêmement généreux et abouti”. Attenberg a été récompensé à Venise en 2010 et à Angers en 2011.
    Sa dernière œuvre, un court-métrage intitulé La Capsule (2012) (photo à gauche), traite l’histoire de sept femmes isolées sur une île des Cyclades et est influencée par la littérature gothique, la mode et les vampires.


    Tsangari fait partie du courant des réalisateurs qui, en dépit de la crise économique, ont contribué à la renaissance du cinéma grec en choisissant les productions à budget réduit et l’entraide, des projets indépendants, financées sans passer par la bureaucratie du financement public.

    Ce courant, qui se distingue surtout par son regard cinématographique éloigné de l’obsession des générations précédentes pour le passé et ses souffrances, combine l’expérimentation dans la forme avec l’attention portée aux maux de la société grecque d’aujourd’hui.